Georges, le seul blogueur qui place ses billets à l'UBS 3.0
(Merci Ariane)
Plutôt mort que sympa !
Le parti de l’In-nocence est accablé par la mise à mal accélérée des “paysages sonores” naturels, c’est-à-dire par la disparition progressive, et qui va s'accélérant, d’un nombre croissant de sons naturels, soit qu’ils ne soient plus émis, comme nombre de bruits d‘insectes disparus et de chants d’oiseaux éteints, soit que la rumeur toujours grossissante de l’humanité industrielle, bâtisseuse, aménageuse, défoliante ou “ludique” les couvrent et les rendent imperceptibles, de même que l'excès de lumières fait disparaître les étoiles, nous prive du spectacle du ciel et de la réalité de la nuit. On nous répète sur tous les tons que nous vivons une terrible crise et qu'il convient de faire des économies par tous les moyens. Un des premiers, des plus évidents et des plus salutaires de ces moyens serait de construire moins, de moins “aménager”, de ne pas encourager par des dispositions stupides l’augmentation de la population, de cesser de courir éternellement après une absurde “croissance” de tout, sauf de la culture, de la beauté, de la vie spirituelle et de l’in-nocence.
— Pourquoi, Manet, es-tu si rosse avec tes confrères ?
— Eh ! mon cher, si je gagnais seulement cent mille francs par an comme Carolus, je trouverais du génie à tout le monde, y compris toi et même Baudry !
Dans ce qui était dans les années 60 la belle cité blanche du Printemps, regardée avec jalousie par les HLM voisines aujourd'hui en bien meilleur état, maman a pour amis un couple de Yougoslaves. Elle est croate, il est serbe de Bosnie. Ils forment, avec quelques autres retraités, le dernier carré de petits Blancs de la cité. Leurs gentilles têtes chenues émergent des fenêtres, entre une forêt d'antennes paraboliques. « Regarde le balcon de mes compatriotes, comme il est bien entretenu ! Les rideaux propres, des fleurs… » Maman est fière d'eux. Que défendent-elles, les personnes âgées des banlieues qui s'enferment chez elles à triple tour après huit heures du soir ? Certainement pas la supériorité de la race blanche sur toute autre race. Leurs souvenirs clairs. Leur jeunesse propre. Leur mode de vie bon enfant. Je me souviens de l'époque où les propriétaires et locataires du Printemps allaient au travail en costume. C'était un endroit presque chic, qui tombe peu à peu en décrépitude.
Le MRAP déplore l’écho donné au livre France Orange Mécanique dans les médias télévisés et audiovisuels sans que le public ne soit suffisamment informé de l’idéologie d’extrême-droite de son auteur. Seule la presse écrite, notamment Médiapart, a déconstruit le discours raciste et ultrasécuritaire de Laurent Obertone, auteur de ce brûlot. Mais la consultation détaillée des articles parus sous la plume de Laurent Obertone, depuis la fin des années 2000, sur le site internet "surlering", révèle une dimension du personnage qui dépasse le seul cadre du racisme et des délires sécuritaires. Ses articles agrègent le racisme et l’homophobie avec un sexisme obscurantiste qui renvoie des décennies en arrière lorsque Simone Weil est odieusement qualifiée de "femme foetale". Plus généralement Obertone défend des thèses inégalitaires et anti-républicaines qui apparaissent comme des effluves des années 40 qui le conduisent à déplorer que les noms de Céline et Pétain disparaissent des plaques indicatives de nos villes. Déjà le 23 mai 2012, le MRAP dans un communiqué dénonçait la chronique haineuse, raciste et misogyne, d’Eric Zemmour sur une radio nationale. Laurent Obertone va encore plus loin dans le discours de haine. Le Front National s’est immédiatement fait l’agent publicitaire d’Obertone, tandis que la “droite populaire” tente de dérober ce livre de chevet de Marine Le Pen pour l’installer sur les rayons de l’UMP. Personne ne s’en étonnera ! Il est scandaleux que certains médias offrent des tribunes a ce genre de plumitifs qui vomissent la haine anti-républicaine, sans leur opposer des contradicteurs ayant une connaissance précise des thèses et de la trajectoire de tels agitateurs d’extrême-droite. Le MRAP appelle donc les médias audio-visuels à plus d’esprit de responsabilité.
Il pleut tous les joursÀ la fois sur le juste et sur l'injuste,Mais surtout sur le juste,Parce que justementL'injuste a pris le parapluie du juste.
Autant la rigueur mathématique du spécialiste est nécessaire pour comprendre le réel quand il échappe aux sens, autant quand il s'agit de la vie quotidienne des individus, de ce qu'ils enregistrent tous les jours, 365 fois par an, le spécialiste me semble sujet à caution. Soit il confirme le témoignage des sens, auquel cas il est inutile ; soit il l'infirme et il ne peut être alors que dans son tort, car nul spécialiste ne peut avoir raison contre le vécu, l'expérience, de millions de gens surtout s'il ne vit pas leur vie. Le fait que ce n'est pas la terre qui est immobile mais le soleil ne pouvait être connu sans le travail scientifique d'un Copernic ou d'un Galilée car ce phénomène échappe aux sens des individus qui voient de leurs yeux le soleil se lever à l'est, se coucher à l'ouest et sentent la terre immobile sous leurs pieds. En revanche un spécialiste de la société papoue en saura bien plus sur celle-ci que les non Papous mais pas davantage que les Papous eux-mêmes même s'ils le savent différemment. Rien ne me semble plus pernicieux que ce culte du spécialiste de tout et n'importe quoi qui caractérise la modernité. C'est une terrible machine de guerre contre le peuple dont elle discrédite l'expérience, le témoignage et la parole. S'il faut des spécialistes pour faire comprendre au peuple ce qu'il voit et ressent dans sa vie quotidienne, alors c'est qu'il est sérieusement débile et que la démocratie est une erreur. D'ailleurs en Droit n'y a-t-il pas un adage qui affirme que les témoignages concordants venant de personnes nombreuses qui ne se sont pas concertées à l'avance valent preuve? A plus forte raison quand il s'agit du témoignage de dizaine de milliers de personnes sur des dizaines d'années. C'est pourquoi le livre d'Obertone n'a nul besoin de la rigueur du spécialiste puisqu'il confirme ces témoignages. A la limite on pourrait dire qu'il est inutile car, en effet, il n'apporte rien que ce que le vulgum pecus connaissait déjà. S'il paraît néanmoins à ce point nécessaire c'est qu'il fait appréhender une réalité inquiétante interdite d'expression, qu'il la rend audible et lisible même à ceux qui la connaissaient déjà mais qui n'étaient pas autorisés à la dénoncer.
(…) Les individus qui forment un peuple ne sont pas dans une tour d'ivoire ! Ils se fréquentent, se parlent, échangent leurs expériences et leurs impressions. C'est ce qui finit par former ce que l'on appelle les "lieux communs" qui contrairement aux "préjugés" non fiables sont des "postjugés" généralement fiables parce que, précisément, ils sont le résultat de dizaines de milliers d'expériences et d'informations échangées sur des dizaines d'années, puis transmises aux générations suivantes. C'est plutôt l'"élite" qui risque d'avoir des préjugés parce qu'elle est trop peu nombreuse pour pouvoir échanger un nombre suffisant d'expériences surtout si elle vit éloignée du terrain. Seule la propagande peut arriver à discréditer les lieux communs, et souvent elle y arrive. C'est pourquoi il faut, à plus forte raison, prendre ceux-ci au sérieux quand ils lui résistent. Cela dit, les peuples ont aussi des préjugés quand ceux-ci ne concernent pas, non plus, leur expérience directe. En ce qui concerne l'évolution des phénomènes et des situations dans le temps, il est certain que le spécialiste est nécessaire. Encore que, à une époque où les centenaires se multiplient, avec bon pied, bon oeil et bonne mémoire, il est difficile, par exemple, d'affirmer que la société française était aussi violente (voire plus) il y a cinquante ans qu'aujourd'hui. Il est vrai que le mépris dans lequel on tient la vieillesse interdit qu'on entende la parole des "anciens" comme on disait (ce qui avait une autre allure que "troisème âge").
(…)
Le souci de rendre audible une vérité occultée doit certes s'appuyer sur un maximum d'exactitude, nul ne le conteste. Toutefois cette situation que décrit Obertone est vécue depuis trente ans par certaines catégories de la population qui vivaient au contact de l'immigration arabo-africaine. Je me rappelle encore ce témoignage d'un Français encore jeune et bien sous tous rapports qui décrivait le climat dégradé fait de vandalisme, d'insultes, de menaces, que les gens comme lui vivaient déjà dans sa banlieue depuis le regroupement familial. En parlant, cet homme avait la gorge nouée et quasiment les larmes aux yeux, non parce qu'il avait peur ou n'en pouvait plus mais parce que, ayant été élevé dans le culte de la tolérance et de l'antiracisme, ce témoignage qui allait à l'encontre de tout ce qu'on lui avait appris lui coûtait terriblement et n'en n'était, d'ailleurs, que plus poignant. Il n'empêche qu'il avait pu le faire sans que personne ne le traînât dans la boue. C'était, il est vrai, en ... 80, époque où la gauche et son idéologie immigrationniste n'était pas encore au pouvoir ni ne régnait encore de façon absolue sur les esprits. A partir de l'élection de François Mitterrand et de la création de SOS racisme ce genre de témoignage devint impossible. En revanche quantité d'articles et de livres parurent , dont l'emblèmatique "La France raciste" de Michel Vieworka, pour expliquer qu'il n'y avait pas davantage d'insécurité en France mais seulement un sentiment d'insécurité et sous-entendre que ce sentiment avait pour origine le racisme et la xénophobie des Français "de souche". Et pendant toutes ces années pas un seul Obertone pour demander aux auteurs : "Mais quelles sont vos sources ? Quels sont vos chiffres ? D'où les tenez-vous ?". Pas un seul pour démonter, par exemple, le si facilement démontable et si scandaleux " La France raciste" donné au contraire comme modèle d'enquête sociologique aux étudiants. Cette pléthore d'ouvrages ne se contentait pas de quelques approximations, eux : le plus souvent ils mentaient carrément. Et voilà qu'au bout de tant d'années de mensonges sous toutes les formes, on tombe à bras raccourcis sur le premier livre à rendre compte de la situation que vivent les Français au motif de quelques inexactitudes minuscules dont le nombre d'homicides qui serait en baisse. Le breau scrupule que voilà ! S'ils sont en baisse et même si on ne tient pas compte de l'explication qu'en donne Obertone, laquelle, me paraît pourtant valable, c'est depuis si peu de temps et en si faible proportion par rapport à l'énormité du phénomène que cela ne change rien au constat de l'auteur !
Il y a 3464 textes sur ce blog, dont plus de 1500 qui sont (encore) publiés. Je le tiens depuis une quinzaine d'années. Je n'ai jama...