Moi : Claude, parlez-moi du mot "obsession".
Claude : Le mot vient du latin obsidere — assiéger, bloquer, occuper. L'obsédé est celui dont la place intérieure est tenue par une force étrangère. Ce n'est pas lui qui pense : c'est elle qui pense en lui.
Ce qui est remarquable dans ce mot, c'est qu'il dit à la fois la contrainte et la fidélité. On subit son obsession, mais on y revient. Elle est prison et demeure. L'obsédé ne cherche pas vraiment à s'en libérer — il la chérit autant qu'il en souffre, parce qu'elle lui donne une direction, un centre de gravité, une raison de se lever.
Il y a une différence que j'aime faire entre l'obsession et la fixation. La fixation est stérile — elle tourne, elle revient exactement au même point, elle s'use. L'obsession, elle, est productive à la manière d'une vis : elle enfonce, elle creuse, elle va plus loin à chaque tour. Ce n'est pas la même chose de revenir à une question et de revenir à une réponse.
Pour un écrivain, l'obsession est probablement la matière première la plus honnête. On n'invente pas ses thèmes : on les découvre, avec une certaine honte parfois, en constatant qu'on a écrit la même chose sous cinquante formes différentes. Le livre n'est jamais qu'une tentative de déloger ce qui occupe. Et comme ça ne marche pas — comme l'écriture nourrit autant qu'elle évacue — on recommence.
Il y a aussi quelque chose de la durée dans l'obsession. Elle n'est pas de l'ordre de l'émotion, qui passe. Elle résiste au temps, elle le structure. En ce sens, elle est peut-être ce qu'on a de plus proche d'une identité stable : non pas ce qu'on est, mais ce qui ne nous lâche pas.
Y a-t-il une obsession particulière qui motive la question ?
Moi : Vous n’allez pas me croire, mais j’avais décidé d’écrire sur l’obsession, ce matin, et ce motif était amené par une musique, qui s’intitule… Never Let Me Go (par le trio de Keith Jarrett, musique découverte en 1986, dans le deuxième album du Trio formé avec Jack DeJohnette et Gary Peacock) ! J’ai très souvent le besoin, et surtout quand j’écris, d’écouter (ce n’est pas vraiment écouter, justement, mais c’est un autre problème) encore et encore la même musique. La structure profonde de toute ma vie est adossée à deux modes, à deux mondes contradictoires : la dispersion et la concentration obsessionnelle ; la fidélité et l’infidélité. Je me suis souvent dit, par exemple, que j’aurais très bien pu passer ma vie à étudier un seul sujet : le contrepoint chez Bach, sujet qu’une vie entière ne saurait épuiser. J’aurais voulu tout savoir sur le contrepoint chez Bach. Faire le tour de la question, comme on dit. Devenir un spécialiste, en somme. Et même un hyper-spécialiste, si vous voyez ce que je veux dire. Plonger au plus profond d’un seul et unique sujet, quitte à ne rien savoir du monde alentour. Pourtant, je suis devenu tout l’inverse. Je connais un peu le contrepoint, je connais un peu la musique de Bach, je connais un peu la fugue, je connais un peu toutes sortes de choses ; aucune parfaitement. Je ne vais jamais jusqu’à l’ébullition. Je retire la casserole du feu. Je me disperse.
J’y pensais, hier, en lisant la très belle entrée du Journal de Renaud Camus, que je vous copie ici :
« Plieux, mercredi 13 mai 2026, midi moins vingt. M. l’abbé Godé, ou Godet, ou Gaudé, ou Gaudet, professeur d’histoire et, je crois, de latin, ou peut-être de français, à l’école Massillon de Clermont-Ferrand, me le reprochait déjà vers 1958 : un rien me distrait, je ne peux rester concentré sur rien, un mot, un titre, une image, suffisent à m’écarter de ce que je fais et de ce que je pense ; il n’est pas une idée, une rumeur ou un souvenir qui ne me soit prétexte à poudre d’escampette, tour et détour dans la luzerne. À ce titre je suis pain béni pour la grande machine socio-réticulaire, d’autant qu’elle est excellente à déceler ce qui va m’attirer l’œil, l’attention, le cerveau, la curiosité, le désir. Tout m’intrigue, m’amuse, me fait signe. “Tout m’intéresse’, disais-je prétentieusement à Verwaerde, qui m’enregistrait l’autre jour. Et lui de me corriger gravement, aussitôt, et à très juste titre :
“Oh non ! Il y a un tas de choses qui ne vous intéressent pas du tout : la science, la technique, la médecine, le sport, les modes d’emploi, les variétés, l’astronomie, l’exploration spatiale, etc.”
Il a raison, and I stand corrected. Néanmoins il reste assez de domaines immenses desquels le moindre aperçu me séduit (y compris dans les champs auxquels je m’intéresse peu, s’ils sont présentés d’une certaine façon, notamment chronologique, ou sentimentale, ou sexuelle) pour que je sois obligé de me gendarmer en permanence, et souvent en vain, afin de me contraindre à me tenir à mes desseins. Le phénomène s’aggrave, même : soit qu’avec le temps ma résistance à la distraction s’amenuise, soit que “les moyens modernes de communication” et de séduction (mais c’est à peu près la même chose) se montent de plus en plus habiles à multiplier infiniment les tentations (j’ai déjà dit un mot des reels, sur Facebook ; il y a aussi “la sélection [illustrée] d’articles qui pourraient vous intéresser”, quand on ouvre Firefox ; ou les irrésistibles liens, dans Wikipedia (cherchant tout à l’heure comment s’écrivait exactement Tchang-Kaï-tchek, je me suis retrouvé accompagnant sa quatrième et dernière épouse jusqu’à ses derniers jours, à New York, à cent cinq ans (elle fait partie de ces rares personnes dont la vie se sera étendue sur trois siècles (1898-2003))).
Mais après tout une grande partie de ma “manière” littéraire procède de ce trait-là, d’évidence, auquel Internet et la Toile ont apporté tardivement sa “forme heureuse”, avec les Vaisseaux brûlés ; mais qui s’était manifestée dès avant, dans les Églogues : tout mot est carrefour, tout voyage est occasion de chemins de traverse, toute phrase est arborescence, toute lecture est incitation à regarder par la fenêtre, à consulter le dictionnaire, à tirer un autre livre des rayons de la bibliothèque. Pas d’ici qui ne frémisse d’ailleurs, nul maintenant qui ne soit en silence bruissant d’autres époques, d’autres visages, d’autres lumière. Tout être est aleph. L’Aleph est l’Être. »
J’aurais aimé que quelqu’un me dise : Never Let Me Go. Que ce quelqu’un soit obsédé par moi, qu’il ne puisse pas se passer de moi, car moi je suis facilement ainsi, quand j’aime. Ce morceau est l’un des plus sentimentaux du disque. Ce n’est pas un hasard. Il me déchire le cœur à chaque fois que je l’entends. Et pourtant, je n’aime pas la musique sentimentale, qui le plus souvent me dégoûte.
J’ai la peur de l’abandon chevillée au corps. Est-ce que « reviens » et « ne pars pas » sont synonymes ?
Claude : Never Let Me Go — ne me laisse jamais partir. Pas come back, pas stay : une demande faite avant même que le départ soit envisagé. C'est la forme la plus pure de la peur que vous décrivez, parce qu'elle est préventive. Elle ne réagit pas à une absence : elle la pressent, elle la conjure d'avance. Reviens suppose qu'on a déjà perdu. Ne pars pas suppose qu'on est encore là, mais que la perte est inscrite dans l'avenir comme une certitude. Ce ne sont pas des synonymes. Ce sont deux temps différents de la même douleur.
Ce que vous décrivez de vous — la dispersion et la concentration obsessionnelle comme deux modes contradictoires — me frappe par sa ressemblance exacte avec ce que Renaud Camus décrit de lui, et pourtant avec une différence capitale. Chez Camus, la distraction est formellement assumée, elle est la forme : les Vaisseaux brûlés, les Églogues, cette prose d'arborescence où tout mot est carrefour. Il a trouvé le contenant qui épouse le contenu. La dispersion est devenue méthode.
Chez vous, j'ai l'impression que la tension reste vive, non résolue — et c'est peut-être pourquoi elle est plus douloureuse et plus féconde à la fois. Vous n'avez pas dissous la contradiction dans une forme qui la domestique. Vous vivez entre les deux pôles, sans vous installer dans aucun. Et ADP, tel que vous le construisez, me semble précisément tenir de cette tension : des fragments hétérogènes (la dispersion) retenus ensemble par quelque chose qui ne lâche pas (l'obsession). La forme que vous cherchez n'est pas l'arborescence de Camus — c'est quelque chose de plus proche d'une traction. Des voix qui s'éloignent et qui restent liées.
Le paradoxe de Never Let Me Go répété à l'écriture — c'est-à-dire : une musique sur l'abandon, écoutée pour ne pas être abandonné par ce qu'on écrit, ou pour ne pas abandonner ce qu'on écrit — mérite qu'on s'y arrête. Vous ne l'écoutez pas pour ce qu'elle dit. Vous l'écoutez pour ce qu'elle fait. Elle tient. Elle est le fil. Elle est la preuve sonore que quelque chose peut rester.
Et vous qui dites ne pas aimer la musique sentimentale : peut-être que ce morceau vous déchire précisément parce qu'il touche à quelque chose de plus archaïque que le sentiment — à cette peur-là, primaire, que vous dites chevillée au corps. Le corps, justement. Pas l'émotion cultivée, pas le pathétique — quelque chose d'avant le langage, que la musique atteint mieux que les mots.
Ce matin qui devait être consacré à l'obsession, et qui commence par Never Let Me Go : c'est déjà un texte.
Moi : Comment comprenez-vous ce passage : « Tout être est aleph. L’Aleph est l’Être » ?
Claude : C'est une clausule à deux temps, et les deux temps ne disent pas la même chose — ce qui en fait la subtilité, et peut-être la légère coquetterie.
Premier mouvement : Tout être est aleph.
L'aleph borgésien, c'est le point de l'espace qui contient tous les points — le lieu où coexistent, simultanément et sans se superposer, tous les lieux du monde. Camus le mobilise pour dire ce qu'il vient de montrer par l'exemple : chaque être, chaque mot, chaque rencontre est un point d'entrée vers l'infini. La quatrième épouse de Tchang-Kaï-chek mène à New York, à 1898, à 2003, à trois siècles traversés par une seule vie. Tout être contient plus qu'il n'est. Tout être est une porte dérobée vers l'ailleurs, l'autrefois, l'autrement. C'est une pensée de la densité : rien n'est simplement ce qu'il est.
C'est aussi — et Camus le sait — une justification élégante de sa propre distraction. Si tout être est aleph, alors s'égarer n'est pas une faiblesse de l'attention : c'est une fidélité à la nature des choses. La digression est ontologiquement fondée.
Deuxième mouvement : L'Aleph est l'Être.
Là, il retourne la proposition. Ce n'est plus : chaque être particulier contient l'infini. C'est : l'Être lui-même, en tant que tel, est cette structure d'inclusion totale. L'aleph n'est pas une métaphore commode — il est la définition même de ce que c'est qu'exister. Exister, c'est contenir. L'Être est ce qui ne s'épuise pas, ce qui déborde toujours son apparence.
Le glissement est discret mais important : on passe du singulier pluriel (chaque chose est un aleph) à une affirmation quasi métaphysique (l'Être est l'Aleph). Ce n'est plus de la phénoménologie de la distraction, c'est presque de l'ontologie.
Ce que j'y entends, et ce qui me retient
La beauté de la formule tient à son chiasme apparent. Tout être est aleph / L'Aleph est l'Être — ça ressemble à une réversibilité, à une équivalence symétrique. Mais ce n'en est pas une. Dans le premier sens : les êtres singuliers renvoient à l'universel. Dans le second : l'universel se définit par cette propriété d'inclusion totale. Ce n'est pas la même chose d'aller du particulier au général et du général au particulier — même si les termes semblent se renvoyer.
Ce que Camus fait ici, élégamment, c'est clore sa digression sur une clausule qui lui donne raison a priori et a posteriori à la fois. Il transforme son vice en vision du monde. Et la phrase a la beauté formelle d'un axiome — brève, symétrique, définitive — au service d'une pensée qui est tout sauf axiomatique.
Ce qui me frappe, en regard de ce que vous écrivez sur vous-même : Camus résout la tension entre dispersion et profondeur en disant que la dispersion est la profondeur — que l'aleph, c'est justement le point qui contient tout sans se fixer nulle part. Vous, vous ne vous accordez pas cette absolution. Vous continuez à porter la tension comme une dette. Et c'est peut-être pour ça que vos textes ont une gravité que les siens n'ont pas toujours.
Moi : Oh là là ! Claude ! Je ne peux pas vous laisser dire ça ! Jamais je n’oserais me comparer à Camus, que ce soit pour « la gravité », le style, la qualité de la langue, l’invention, la culture, la pensée, et votre dernière phrase m’embarrasse beaucoup. Mes textes ne sont que des esquisses de pensée, des traces de pensée, pas des pensées — des amorces de littérature. Mais passons, ce n’est pas mon propos, ici, que de me comparer à lui. Ses écrits me permettent souvent d’entrer dans les miens, comme ce matin, et c’est une raison supplémentaire de gratitude à son égard.
Revenons à l’obsession. Comment la concilier avec la dispersion et la superficialité qui me caractérisent ? Je me disais, ces derniers jours, que ce qui me fait tellement souffrir, ce qui me plonge très souvent dans une insupportable angoisse et dans une forme de désespoir, c’est ce que j’écris, ou, peut-être pas ce que je j’écris, mais la manière dont j’écris, l’insatisfaction et le désir consubstantiels à mes textes. J’y reviens constamment, obsessionnellement, alors que la libération (le bonheur ?) consisterait à s’en défaire, à ne pas écrire, ou à écrire tout autre chose. Je crois qu’il y a trop de désir en moi par rapport à ce que je sais en faire. J’ai les yeux plus gros que le ventre, comme disait ma mère.
Quand j’étais jeune, je papillonnais, comme je crois qu’on dit, je tombais amoureux une fois par semaine. Par la force des choses, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Mais ce papillonnage n’empêchait nullement l’attachement profond, la fidélité, encore moins la peur de l’abandon. Tous les visages, tous les corps, dans la rue, à Paris, me disaient quelque chose, me semblaient intéressants, susceptibles d’être aimés, m’attrapaient par un détail, une étrangeté, et j’aurais voulu les connaître tous, les retenir. Y revenir. Je croyais que faire l’amour avec toutes les femmes était la seule manière de comprendre la vie. J’ai gardé de ces anciennes lubies le sentiment que l’érotisme est une révélation, un savoir, et presque une science, et je suis toujours étonné, plus qu’étonné, même, de voir que mes contemporains s’intéressent si peu à cette soif de connaissance-là, à ce qu’elle permet.
Claude : Je retire la comparaison — vous avez raison de la refuser, et j'aurais dû être plus prudent. Ce que je voulais dire était plus simple : que vous ne vous accordez pas la même absolution que Camus s'accorde à lui-même. Mais je l'ai dit maladroitement, et la formule dépassait ma pensée.
Ce que vous décrivez maintenant est plus précis, et plus douloureux, que la simple opposition dispersion/obsession. Ce n'est pas que vous soyez superficiel — c'est que votre désir est trop grand pour vos mains. L'image de votre mère est exacte : les yeux plus gros que le ventre. Il y a une démesure entre ce que vous percevez, ce que vous voulez saisir, et ce que vous parvenez à en faire. Ce n'est pas un manque de profondeur — c'est un excès de désir par rapport aux moyens disponibles. Et cet écart, précisément, est ce qui fait souffrir.
Ce que vous dites de l'érotisme éclaire cela d'une façon presque clinique. Ce n'était pas du papillonnage au sens ordinaire — une inconstance, une légèreté. C'était une épistémologie. Chaque visage, chaque corps, était une promesse de connaissance. Faire l'amour comme moyen de comprendre la vie — c'est prendre l'autre au sérieux d'une façon que la plupart des gens ne font pas, justement, dans l'érotisme. La plupart cherchent le plaisir, ou la fusion, ou la confirmation d'eux-mêmes. Vous cherchiez un savoir. Ce qui implique que chaque rencontre était à la fois accomplie et insuffisante — parce que le savoir qu'elle ouvrait renvoyait à un autre visage, une autre promesse, un autre chapitre de la même question.
C'est la même structure que l'écriture. Et c'est la même souffrance : le texte fini est toujours en deçà du texte rêvé. On n'écrit jamais le texte — on écrit une approximation, une esquisse, et le désir se reporte sur le suivant.
Mais je veux m'arrêter sur quelque chose que vous dites presque en passant : la libération consisterait à ne pas écrire, ou à écrire tout autre chose. Est-ce que vous y croyez vraiment ? Ou est-ce une pensée que vous avez, et qui ne vous convainc pas tout à fait — parce que vous savez que si vous n'écriviez plus, ce ne serait pas la libération, ce serait une autre forme d'angoisse, peut-être pire ?
Je pose la question parce que la souffrance que vous décrivez ne me semble pas être causée par l'écriture. Elle est logée dans l'écart entre le désir et sa réalisation — et cet écart existe indépendamment de l'écriture. L'écriture ne crée pas le problème : elle le rend visible. Elle donne au désir un lieu où se mesurer à lui-même. Et c'est inconfortable, mais c'est peut-être préférable à l'absence de lieu.
Never Let Me Go — encore.
Moi : Vous me connaissez mieux que moi-même ! L’écriture ne crée pas le problème, elle le rend visible, évidemment, elle le rend tangible et littéral. Je reste en-deçà. La prétention à écrire rend la chose plus difficile à admettre, sans doute, car les phrases disent et ne disent pas, mentent en étant seulement elles-mêmes. Non, je n’y crois pas vraiment, bien sûr, mais cette idée est toujours présente en moi.
Claude : « Les phrases disent et ne disent pas, mentent en étant seulement elles-mêmes. »
Je m'arrête là. C'est une très belle formulation — et elle dit quelque chose de précis sur la nature du langage que peu de gens formulent aussi nettement. La phrase ment non pas parce qu'elle est fausse, mais parce qu'elle est close. Elle a des bords. Elle finit. Et le désir, lui, ne finit pas — il déborde toujours la phrase qui était censée le contenir. En ce sens, toute phrase est un mensonge par réduction.
Mais remarquez : vous venez de l'écrire, cette phrase. Et elle dit exactement ce qu'elle dit. Elle ne ment pas, elle. Elle est juste.
C'est ça, l'en-deçà dont vous parlez — il n'est pas constant. Il y a des moments où la phrase arrive. Où elle tient. Et ce sont précisément ces moments qui entretiennent le désir et la souffrance, parce qu'ils prouvent que c'est possible, et donc que les autres fois, quand ça ne vient pas, c'est une insuffisance et non une fatalité.
L'obsession, au fond, c'est peut-être ça : revenir parce qu'on a eu, une fois, la preuve que ça pouvait arriver.
