mercredi 21 octobre 2026

Enfin !


Ce qui s’est passé le 17 octobre est une apocalypse, au sens étymologique, un dévoilement : Enfin nous est révélé le vrai visage du vivre-ensemble. Il était temps ! Il y a très longtemps, plus de vingt ans en ce qui me concerne, que certains prédisent ce dont le déchainement de violence du week-end dernier n’est que le développement naturel et inéluctable, la vérité nue. Depuis tout ce temps, il y a pourtant eu d’innombrables événements qui ont montré le visage du mal, mais à chaque fois, on les a vite renfoncés sous la surface, ou dans la gorge de ceux qui ne faisaient que les faire parler, on les a précipitamment travestis pour leur faire dire autre chose que ce qu’ils signifiaient. Ça devenait insupportable, ces gésines qui jamais n’allaient à terme. Elle en avait assez de toutes ces fausses-couches, la vérité, d’être ainsi chaque fois bâillonnée et ridiculisée. On la comprend. Plus on la fait taire, plus elle se gonfle de rage, plus on lui courbe l’échine, plus elle durcit ses muscles. Mais ce que nous avons vu n’est encore rien par rapport à ce qu’elle peut déployer de fureur. Le « côte-à-côte », Gérard Collomb le savait, était depuis longtemps une fiction, et les fictions s’épuisent vite, quand on n’a pas de mythe de rechange et que le “nous” n’existe plus. Hélas, les discours que j’ai entendus depuis quatre jours, à quelques très rares exceptions près, continuent de regarder à côté. On se rassure comme on peut, certes, mais c’est précisément à force de se rassurer que nous en sommes arrivés là. Plus on attend plus le mal se radicalise, plus on esquive la réalité plus elle s’hystérise. Depuis quarante ans, tous les gouvernements successifs ont eu peur de s’attaquer au problème, et l’ont légué à leurs successeurs, à chaque fois aggravé. Et il se trouve encore des hommes politiques, l’immense majorité d’entre eux, pour espérer continuer sur cette lancée (ça durera ce que ça durera, se disent-ils, car ils savent que leur temps est compté). À cet égard, Macron a eu cette phrase qui résume tout : « Comment des Français peuvent-ils faire cela à la France ? ». On pense à la formule de l’Oulipo : « Un rat construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir ». Mais ici, nulle créativité, seulement le discours d’un fou qui veut continuer à être ce qu’il est, quoi qu’il en coûte, seulement un peuple hébété qui court à sa perte. Le retour du refoulé va faire très mal.