
jeudi 13 mai 2010
Les vacances de Serge

Irène

mercredi 12 mai 2010
Les Horizons qui leurrent

jeudi 15 avril 2010
Rafffe

mardi 6 avril 2010
Éloge du con - Sujet sur fond blanc

vendredi 2 avril 2010
mercredi 31 mars 2010
Diversité et eucharistie
Le pianiste fit un nombre de fausses notes impressionnant. Comme me le chuchote un ami, alors : « C'est plus des pains, c'est une boulangerie ! »
À la sortie du récital, on l'interroge : « Maître, que s'est-il passé, une méforme, un mauvais piano, des courants d'air ? » Le type ne se démonte pas : « Je ne supporte plus ce fasciste de Mozart. Cette sonate est écrite en ut majeur, une tonalité éminemment suspecte. Vous rendez-vous compte que toutes les notes noires, ou presque, y sont odieusement discriminées ? J'ai simplement voulu faire œuvre citoyenne, en m'élevant contre la ségrégation, en apportant un peu de diversité dans la composition de cet artiste homophobe et raciste, n'en doutez pas, qui sent le moisi et le patriarcat insupportable d'un pays notoirement réactionnaire. Il ne faudrait pas me pousser beaucoup pour dire que ce genre d'œuvres est responsable entre autre du conflit israélo-palestinien, par un enchaînement de causes et d'effets qu'il serait trop long de décrire ici. Vous comprenez, j'ai eu la chance de côtoyer Anthony Braxton et Joan La Barbara, et il m'est très difficile de faire abstraction au quotidien de l'enrichissement considérable que ces artistes ont apporté à l'art en général et à la musique en particulier. Je continue à jouer Mozart, OK, mais en le revisitant, si vous voulez, en l'investissant avec mon vécu perso. C'est vrai que ça me semble on va dire la moindre des choses pour un artiste citoyen contemporain ! »
Mon ami lui demande de tirer sur son petit doigt. Le pianiste s'exécute, et l'on entend un formidable pet en ré bémol majeur. Sublime modulation !
L'autre s'évanouit dans un nuage odorant. On trinque.
mardi 30 mars 2010
Höhenfeuer

samedi 27 mars 2010
Albert Duspasme (3)
lundi 22 mars 2010
Albert Duspasme (2)

dimanche 21 mars 2010
Albert Duspasme

vendredi 19 mars 2010
La vérité

Et vous n'avez pas honte, et ça ne vous humilie pas ? me direz-vous peut-être, en secouant la tête avec mépris. Vous avez soif de vivre et vous répondez vous-mêmes aux questions essentielles avec votre logique de la confusion. Vos attaques sont tellement énervantes, tellement insolentes, et — en même temps — comme vous avez peur ! Vous dites n'importe quoi et vous en êtes satisfait; vous proférez des insolences, vous tremblez perpétuellement de ce que vous dites, et vous demandez pardon. Vous assurez que vous n'avez peur de rien, et, en même temps, vous essayez de vous grandir devant nous. Vous assurez que vous grincez des dents, et, en même temps, vous plaisantez pour nous faire rire. Vous savez que vos bons mots ne sont pas drôles, mais il est clair que vous êtes heureux de leur qualité littéraire. Peut-être est-ce vrai que vous avez souffert, mais vous n'éprouvez pas le moindre respect pour votre souffrance. Vous détenez une vérité, mais vous n'avez pas la moindre pudeur ; c'est la gloriole la plus mesquine qui vous fait exhiber votre vérité devant tout le monde, au pilori, à la foire… Oui, vous voulez dire quelque chose, mais votre peur vous fait cacher votre dernier mot car vous n'avez pas assez de cran pour lui trouver une expression, vous n'êtes mû que par une insolence lâche. Vous vous flattez de votre conscience, mais vous ne faites qu'hésiter, car même s'il est vrai que votre esprit travaille, votre cœur est noirci par la dépravation et, sans un cœur pur, une conscience pleine et juste est inimaginable. Et comme vous êtes énervant, que vous êtes collant avec toutes vos grimaces ! Mensonge, mensonge et encore mensonge !
mardi 16 mars 2010
lundi 15 mars 2010
Mode d'emploi
dimanche 14 mars 2010
samedi 13 mars 2010
jeudi 11 mars 2010
Blog

Écouter ? Comment ça, écouter ?

mardi 23 février 2010
Miroirs
Ce que L'Église nomme la Communion des saints est un article de foi et ne peut pas être autre chose. Il faut y croire comme on croit à l'économie des insectes, aux effluves de germinal, à la voie lactée, en sachant très bien qu'on ne peut pas comprendre. Quand on s'y refuse on est un sot ou un pervers. Par l'Oraison dominicale il est enseigné qu'il faut demander notre pain et non pas mon pain. Cela pour toute la terre et pour tous les siècles. Identité du pain de César et du pain de l'esclave. Identité mondiale de l'impétration. Équilibre mystérieux de la puissance et de la faiblesse dans la Balance où tout est pesé. Il n'y a pas un être humain capable de dire ce qu'il est, avec certitude. Nul ne sait ce qu'il est venu faire en ce monde, à quoi correspondent ses actes, ses sentiments, ses pensées ; qui sont ses plus proches parmi tous les hommes, ni quel est son nom véritable, son impérissable Nom dans le registre de la Lumière. Empereur ou débardeur nul ne sait son fardeau ni sa couronne.(…)« La terre est un homme », a dit je ne sais quel philosophe mystique. Cette parole étrange me revient tout à coup en songeant, une fois de plus, au Globe impérial que je vois toujours accourant du fond des siècles, pour se placer enfin dans la main de Napoléon. Ce globe naturellement exprime la sphère terrestre, image renversée de la sphère céleste où elle paraît n'être qu'un point tout à fait imperceptible. Mais l'Espace aussi bien que la Quantité n'est qu'une illusion de notre esprit. Le Nombre n'est que la multiplication indéfinie de l'Unité primordiale et rien d'autre. Il est donc probables et même certain que la minuscule terre, si vaste pour les pauvres humains forcés de la parcourir, est, en réalité, plus grande que tout, puisque Dieu s'y est incarné pour sauver jusqu'aux astronomes.Cette incarnation n'est pas seulement un Mystère, ainsi qu'on l'enseigne, elle est le centre de tous les mystères. Omnia in IPSA constant. Quand on lit que le Fils de Dieu, son Verbe, « a été fait chair », c'est exactement comme si on lisait qu'il a été fait terre, puisque la terre est la substance de la chair de l'homme. Mais Dieu, prenant la nature humaine, a opéré nécessairement selon sa nature divine, c'est-à-dire d'une manière absolue, devenant ainsi plus homme que tous les hommes formés de terre, devenant lui-même la Terre au sens le plus mystérieux, le plus profond.Lorsqu'on nomme la terre, c'est donc le Fils de Dieu, le Christ Jésus lui-même qu'on nomme, et c'est à décourager toute constance exégétique de découvrir que le mot terra est écrit beaucoup plus de deux mille fois dans la Vulgate, pour ne rien dire du mot humus, invocateur et synonyme d'homo qu'on peut y lire exactement quarante-cinq fois.Remplis de ces pensées, ouvrez le saint Livre et vous aurez comme le déchirement du voile de l'Abyme. Vous serez aussitôt le témoin bouleversé des épousailles du Ravissement et de l'Épouvante. Vous ne saurez plus, vous n'oserez plus parler. Vous n'oserez plus cracher sur la terre qui est la face de Jésus-Christ, car vous sentirez que cela est vraiment ainsi. Quand vous lirez, par exemple, dans saint Jean, que Jésus « écrivait du doigt sur la terre », en présence des Scribes et des Pharisiens accusant son Épouse à lui, l'Église pour laquelle il devait mourir, d'avoir été « surprise en adultère », vous sentirez peut-être, avec une émotion inconnue, que ce Rédempteur écrivait sur sa propre face, du même doigt qui avait guéri les aveugles et les sourds, la condamnation silencieuse des implacables et des imbéciles. « Celui qui est issu de terre, est de terre et parle de la terre », avait dit son Précurseur, et c'est pour cela que le Maître s'exprima toujours en paraboles et similitudes. On ne finirait pas, s'il fallait d'une main tremblante et le cœur battant comme les cloches de l'Épiphanie, dérouler toutes ces concordances du Texte saint.Alors un respect sans bornes serait dû à cette terre miraculeuse, inexprimablement souillée par tous les peuples depuis tant de siècles et si cruellement déshonorée aujourd'hui par les industries avaricieuses qui la dépouillent de tout son décor, après l'avoir violée jusqu'en ses entrailles. Mais toute la malice des démons ne l'insultera pas plus que la Face du Rédempteur ne fut insultée. On a beau la vendre ou l'échanger avec injustice et par les détours de la cupidité la plus ignoble, cela ne fera jamais une équivalente qualité d'outrages. Quelque dévastée que puisse être la face visible de notre globe, on ne le dépouillera pas cependant des trésors cachés de la colère de Celui dont il est l'image et on n'éteindra pas non plus la fournaise immense de son cœur.
vendredi 19 février 2010
C'était plus fort que lui
ça vous pose un blog, tout de suite. vendredi 12 février 2010
La Science en marche. I.

samedi 6 février 2010
C'est pas grave
dimanche 24 janvier 2010
Parce que nous sommes en guerre

Chez Neuhaus, je dormais sous le piano.***Sergueï Prokofiev était un personnage intéressant, mais… dangereux. Il était capable de vous buter contre un mur. Un jour qu'un élève lui jouait le 3e concerto, accompagné au deuxième piano par son professeur, le compositeur s'était soudain levé, avait empoigné le professeur au collet en criant : « Espèce d'âne ! Tu ne sais pas jouer, sors de cette classe ! » À un professeur !En 1948, lors d'une session du Comité central qui condamnait la nouvelle musique, et où il avait été sauvagement attaqué pour formalisme par Jdanov, il avait eu le courage de répondre à ce dernier, droit dans les yeux : « De quel droit me parlez-vous ainsi? »***« Maria Beniaminovna, mais pourquoi avez-vous joué le Prélude en si bémol mineur de façon aussi dramatique ? » « Parce que nous sommes en guerre !!! » (…) D'ailleurs, elle se promenait avec un revolver sur elle et le montrait à tout un chacun. C'était vraiment du folklore. Elle disait : « Tenez-moi ce machin-là, mais faites attention, il est chargé ! » Un jour, elle eut un béguin et tomba follement amoureuse de quelqu'un qui ne répondit pas à ses avances. On comprend le malheureux ; il devait être terrorisé. Du coup, elle le provoqua en duel. À l'issue de ses concerts, j'avais mal à la tête. Elle exerçait une telle violence sur son public, une violence incroyable ! Et d'abord sa façon d'entrer en scène : on avait l'impression de la voir marcher sous la pluie.***En URSS, je fus le premier à les jouer [les sonates], et quand je me mis à le faire, on me crut fou. Les professeurs de la vieille génération me disaient : « Pourquoi jouez-vous Schubert ? Quelle idée ! C'est tellement ennuyeux ! Jouez plutôt Schumann. » De toute façon, je ne joue pas pour le public. Je joue pour moi.***J'ai toujours à l'esprit un Crépuscule des Dieux à Bayreuth, magnifiquement dirigé par Pierre Boulez, peut-être pas très exalté, mais très exact, ruiné par la prétentieuse mise en scène de Patrice Chéreau.***Mais allez parler aux médecins d'accords de septième diminuée !***Je ne parvenais plus à me passer de la présence d'un homard en plastique que je promenais partout avec moi, et dont je ne me séparais qu'au moment d'entrer en scène.***Kurt Sanderling a dit un jour à mon sujet : « Ce n'est pas seulement qu'il joue bien, c'est qu'il sait aussi lire les notes. » Ce n'était pas si mal vu.
vendredi 22 janvier 2010
J'ai presque peur
Au bordel, on joue Fauré, ce soir. « J'ai presque peur », la mélodie. Annette a le cul en l'air, elle s'est poudré les fesses, son petit trou rose est délicatement parfumé. Androse, elle, veut jouer de la trompette, elle ne connaît pas bien Fauré, mais on la dit très douée. Flux, le barman, astique son trombone, on ne sait jamais ce qui peut arriver ; ne pas se laisser prendre au dépourvu est sa devise. Faconde arrive, joyeuse et gaie, et riant aux éclats. À sa suite, Mélanor Campion, peu sûr de lui, en passe-montagne. Il est très parfumé.
En coulisses, Georges et Johnson s'égalisent le tempérament, ils ont le feu aux doigts, et échangent des politesses. On entend un roulement de tambours. Satin et crêpe tintinabullent aux confins.
Les archets sont gonflés à l'azote et personne ne sait où se trouve la sortie des harpistes. Une grande désolation anarchiste s'abat sur l'assistance aux personnes déplacées. C'est le moment épure. Presque. Des seins passent, sans propriétaires ni excuses. Fauré perforé, décoloré, horloger limogé et imploré, n'a plus peur.
La coulisse est au supplice, sans piston ni thrombose. Il faut faire avec. Même si le préjudice n'accordera aucun pardon.
mercredi 20 janvier 2010
Mais quel pif !
« Cette visite montre que c'est un faux débat. L'attachement à la République s'exprime ici avec une force considérable. »
mardi 19 janvier 2010
dimanche 17 janvier 2010
Sérénade

samedi 16 janvier 2010
Phrases lues en vitesse
vendredi 15 janvier 2010
Sur un fond de velours noir (Lois)

mercredi 6 janvier 2010
jeudi 10 décembre 2009
Niveaux
• Il faut absolument arrêter le soleil dans sa course folle, il nous entraîne avec lui, alors qu'on ne lui a rien demandé.
• Dieu mesure un mètre pile, Dali ne mesure plus rien, et l'étalon est dans la poche de gauche.
• J'aurais bien aimé pouvoir continuer à détester Harnoncourt, au moins un petit peu.
• Georges a encore vomi en dormant.
• Ré mineur est une tonalité mortelle.
• Madame de Fontenay est une sorte de miracle : pendant des siècles, on a hésité sur la définition de la laideur. Plus besoin d'hésiter.
• Dans mon rêve, je pisse, je pisse, je pisse, impossible de m'arrêter, le niveau monte, je flotte. C'est beau, cette mer jaune. Mon énergie inépuisable m'entraîne à reculons vers les origines du temps. La mer mêlée au soleil…
• Commencer sa Neuvième par une neuvième, il n'y a que lui pour avoir fait ça.
• 20, 5, 27, 41 - 32, 1, 5, 9
(Frasques des ready-médisants)










