mardi 21 octobre 2014

Pour la pornographie !


L'étonnement, l'effroi, et finalement la terreur. Mais aussi le rire, énorme, inextinguible. Ça parle donc sérieusement ? Ce n'est pas de la grosse blague épaisse ? On peut commenter sérieusement des gens qui s'expriment ainsi ? On peut discuter philosophie avec un bébé de trois mois ? On dirait bien…

Formidable époque. On a inventé des tubes qu'on se met dans l'anus et qui évitent aux pets de faire du bruit et de sentir mauvais et, exactement au même moment, on a érigé un machin vert en forme de "plug anal" sur la place Vendôme. L'artiste qui a imaginé, puis fait réaliser la chose, existe vraiment, il a un nom, et s'est même pris des baffes lors de l'inauguration. Et tout le monde de s'énerver sur la France éternelle bafouée, défiée, ridiculisée… Moi, je serais à la place de l'artiste, je serais très fier de moi. Non seulement il a gagné sans doute beaucoup d'argent, mais en plus on le prend pour un provocateur et un pornographe. C'est un peu comme si on lui avait donné la Légion d'honneur, à ce brave type. En réalité, on voit bien qu'ils sont tous complices. Ils adorent la laideur, d'une manière ou d'une autre, ils la promeuvent activement, partout, en toute situation, la rendent obligatoire, ils applaudissent des chanteurs de merde qu'ils prennent pour des "musiciens", et après ils viennent pleurer que l'art n'est plus ce qu'il était, que tout fout le camp, etc. Faudrait savoir ! Mais oui mes agneaux, quand on pète, ça pue, et la laideur est laide, et quand on a mauvais goût, c'est en tout. L'artiste en question s'appelle Paul McCarthy. J'ai toujours trouvé que les Beatles étaient le summum du mauvais goût triomphant : que le gonfleur d'anal-ogive porte un nom qui se situe à égale distance de celui du plus célèbre des Beatles et de celui du fameux chasseur de communistes américains me semble presque trop beau pour être vrai.

Pornographe ! La pornographie s'est tellement abîmée dans le porno que plus personne ne sait de quoi il s'agit. Lamartine, Jarry, Louÿs, Bataille, Musset, Martial, Boccace, Casanova, Ovide, Apulée, Miller, Nin, La Fontaine, Calaferte, Sade, Apollinaire, Sand, Renée Dunan, le marquis d'Argens, et tant d'autres, seraient bien dépités s'ils savaient qu'ils étaient mis sur le même plan que les films de Marc Dorcel ou les gonzos classés par spécialité débités au kilomètre. Sex-toy (alors que godemichet est un des plus jolis mots de la langue française) dit tout ce qu'il y a à comprendre. Sextoy, plug-anal, ces mots apatrides, sodo, porno, mytho, info, promo, expo, ces apocopes, anti-voluptueuses virulentes… Pornographie… J'en aurais, à dire, sur le sujet.

Retour d'Afrique, le clapet a rendu l'âme. On l'a fermé définitivement. Sont-elles pornographiques, ces mamelles pendantes ? Les voyageurs descendent vers le nombril. Ça fait comme une théorie. Vague tentative de travail. Le philosophe est très bête. Redeker. On peut donc écrire des livres intelligents, penser des choses intelligentes, dire des choses intelligentes, et être bête, très bête ? Ce n'est pas la première fois qu'on pense des choses pareilles. « Non, tu ne peux pas dire ça ! » Pourquoi ? Elle n'en sait rien. Je n'y peux rien, tout de même. Il ne faudrait pas le penser ? Si si, ça tu as le droit. Un autre, que je ne nommerais pas, dont j'aime beaucoup les livres… Lire deux phrases de lui me fait souffrir. Ah, ça ne va pas recommencer ! La pornographie c'est tout de même plus intéressant. Comment ont-ils écrit leurs livres ? Avec une rousse sur les genoux ? Trempant leur tartine dans le whisky ? Gouffre sans fond des pétomanes sérieux comme des papes. C'est un sport, vous savez ! Mylène raconte à qui veut l'entendre qu'elle écrit bien. Le philosophe hoche la tête, l'air grave. Mais qui a pété ?

Ah, jeunes filles, jeunes filles… Automates à fermeture Éclair, pensées sous le matelas. Ours en peluche, ongles de toutes les couleurs. Bonjour, Monsieur, voulez-vous que je raconte votre vie ? Votre vie tellement intéressante, tellement unique, tellement photogénique, tellement philosophique… On va commencer par le plancome, alors, ça devrait aller tout seul. Donc vous étiez maréchal. Et votre maman, le bisou du soir, les cabinets, la cousine d'Afrique, on peut raconter ça ? Les détails, je m'en occupe. Donnez-moi les grandes lignes, les noms, les villes, les numéros de compte en banque. Didot corps 12 ? Je crois qu'on est complètement OK.

On y va ? Ça va être merveilleux !