Aimer dormir quand chaque jour on songe à mourir peut sembler paradoxal, puisque le sommeil est le meilleur garant de la veille, mais ce n’est que dans le sommeil profond, devenu très rare, et donc tellement précieux, qu’on trouve cet avant-goût si doux de l’apaisement éternel. « Sa vie n’était que ratage, ennui, solitude. Il se serait donné la mort sans hésiter s’il n’était si attaché encore à ses bonnes nuits de sommeil profond. »*
Je me branche sur une intelligence artificielle et je lui demande la date de ma mort. Cette andouille n’est même pas fichue de me répondre. À quoi sert tant d’intelligence, je vous le demande, si on est incapable de répondre à des questions aussi simples. Oui, j’avais envie d’être de mauvaise humeur. C’est réussi.
(*) Éric Chevillard