vendredi 20 juin 2008

Malentendus (1)

Jamais les cultures n'ont été si éloignées les unes des autres. Elles ne dialoguent pas pour la simple raison qu'il n'y a plus de cultures ; elles sont le devenir tribal, ethnicisé, idéaliste, de la redéfinition démocratique du monde.
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Si la littérature est soluble dans la démocratie, entraînant la dégénérescence de la culture en culturel, avons-nous d'autre choix que celui de nous absenter, de devenir des clandestins de la citoyenneté, des parias volontaires ?
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« Comment, vous employez encore le mot de race ? C'est donc que vous êtes raciste ! » me dit en pâlissant ce très jeune écrivain.

Non seulement j'en use, ayant été élevé dans ce vocabulaire-là par des gens chez lesquels je n'ai jamais entendu nulle dévalorisation d'autrui quant à sa couleur de peau, mais je ne suis pas certain que les races n'aient pas besoin d'exister en tant que telles, ni que les autres races aient tant d'amour pour la nôtre qu'elles veuillent lui ressembler en s'y assimilant par le métissage. La différenciation est un plaisir incomparable et l'indifférenciation source de violence.


L'Opprobre, Richard Millet