dimanche 29 mars 2026

Deux mille ans de Loft

 

L’entrée dans la Semaine sainte a été cette année un peu plus précoce que d’habitude, puisqu’elle a débuté il y a quelques jours lors de la découverte du corps déjà à demi-décomposé d’une sainte laïque, Loana Petrucciani.

Passion fixe. La prunelle de leurs yeux brûle la terre. 

Herr, unser Herrscher, dessen Ruhm in allen Landen herrlich ist!

Hautbois, suaves et ondulants serpents. Ils se frottent l’un à l’autre, se pressent d’arriver à la lumière. Où vont-ils ? Pulsations. Paliers. Avances circulaires. Ils vont.

Seigneur, Notre Souverain dont la gloire en tout pays resplendit !

Comment réagir ? Pourquoi ? C’est une vieille histoire. Deux mille ans de Loft. 

La foule gémit, la foule crie, la foule pleure et menace. Où est le Tombeau ? Qui sont les bourreaux ? 

Où est le Royaume ? Y aura-t-il suffisamment de place ? Nous arrivons en masse. Ouvrez grand les portes. 

Ne prononcez pas son nom, vous n’en êtes pas dignes. Les mots se lancent à l’assaut des mots. Démence littérale. Les lettres dansent et s’embrasent. Comment supporter sa propre image ? La puissance éternelle du Nom. 

Une vie était là, parmi la mort. Gémissements, douleur, gloire. La lumière nous aveugle. Sois patient, ô Dieu !, nous nous traînons sur les genoux. Majesté et écrasement. Gloire et douleur.

Remets ton épée au fourreau ; dois-je ne pas boire la coupe que mon Père m’a donnée ? Tous, ils disent : « Je ne peux rester muet. » Mais toutes les bouches s’ouvrent sur le silence.