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vendredi 22 avril 2022

Je suis propriétaire d'un sous-sol. Tu piges ?

Je crois que c'est du bla-bla, tout ça.

Une bourgeoise, c'est une nana qu'a pas peur de se mettre à poil quand elle vient chez un peintre. 

D'abord le nu ça marche pas. 

On est artiste ou on ne l'est pas. 

C'est pas facile de trouver un bon bouquin, c'est comme de trouver un beau tableau ou une belle nana.

Faut se la faire, la vie !

Je suis régulier avec moi-même, je suis régulier avec les autres.

Jamais planté un drapeau. Tu piges ?

Tu prends une fleur, elle s'épanouit, et puis paf !

C'est toujours les mêmes qui viennent me voir.

J'étais marié, une fois. Ça lui était interdit, d'entrer dans l'atelier.

Je ne fréquente pas les peintres. Les réunions de peintres, j'ai horreur de ça. Si j'étais croque-mort, j'aurais des réunions des croques-morts ?

Je suis un musicien de la feuille.

J'ai fait quand-même un an et demi de bagarre.

C'était la grande chance, parce que tous mes potes ont été butés.

Rembrandt, moi je le sens pas, ce mec-là.

J'ai l'air d'un chien qui court après sa queue. 

Je cherche à faire des progrès, mais c'est pas facile.

J'ai le sens des canons, aussi.

Tu me diras, Renoir a gardé sa cuisinière toute sa vie.

30 piges c'est déjà un peu grand-mère, hein.

On voit bien si la gonzesse est bien balancée ou si elle est mal roulée, tu piges ?

La beauté, ça compte !

Moi une grosse nana ça m'embarrasse, tu comprends. Si j'avais une grosse nana, elle me balancerait dehors avec ses débordements. 

Céline, il m'avait appris le massage chorégraphique.

Je sais ce que c'est qu'une jambe. Avec les mini-jupes, j'étais devenu expert en genoux. Les rotules cagneuses, tu comprends, ça se balade.

Elles se mettent à poil devant un PDG, mais devant un peintre, on passe pour des satyres, pour des dégueulasses, des pourris, des viceloques. 

La meilleure chose de l'homme c'est la curiosité. 

J'ai acheté une concession au cimetière Montmartre, dis-donc, si bien que je suis propriétaire d'un sous-sol !

« Un mort, c'est discret, et ça dort au frais. » C'est tout.

Moi je sais que je ne me sens pas naze. Tu piges ?

dimanche 10 avril 2022

Fait divers 24

« Le système tempéré, j'appelle ça "le fil à couper l'octave". »

jeudi 10 décembre 2020

Début

 Parmi tous les débuts de roman que j'ai écrits, je pense que celui-ci est le meilleur. Pour l'instant.


— Écrivez-moi une saloperie.

— Voulez-vous savoir de quoi j'ai envie, là ?

— Oui s'il vous plaît

— Je vais vous le dire.

lundi 22 février 2016

Faites entrer l'enculé !


Qui a tué Philippe Gletty ? Sa femme, pour éviter le divorce ? L'ex-mari de sa femme, pour se venger ? Son ex-épouse, qu'il avait mise sur la paille ? Ou encore sa secrétaire, qui travaillait jusqu'à l'épuisement ? À moins que ça ne soit sa femme de ménage, qui avait parfois ses faveurs ? Qui a tué ce chef d'entreprise, adoré de tous ses salariés ? Philippe Gletty aimait les belles voitures et les jolies femmes. Peut-être trop…

27 février 2012, dans le massif du Pilat, près de Saint-Étienne. C'est là qu'habite la famille Gletty. Philippe, chef d'entreprise, Stéphanie, cadre dans une banque, et ses deux enfants. 

« C'est un lundi. Comme tous les lundis, je ne travaille pas, je suis à la maison, Philippe part au travail, comme chaque fois, vers huit heures, huit heures et demie, il dépose mes enfants au passage, puisque ça me permet de rester tranquille, et puis il va faire un tour sur le chantier de Farnay, puisqu'on a encore des artisans qui travaillent, on est à un mois de la résidence, donc il y en encore pas mal de choses à piloter. »

Ce chantier, c'est celui de leur future maison, une grande villa qui dominera la vallée du Giez, le grand projet de Philippe Gletty en ce début d'année. 

« Moi je fais mes petites affaires, mes courses, mon petit bazar, de mon côté, on s'envoie énormément de textos dans la journée, parce qu'on est comme ça, on vit à travers nos textos et nos téléphones. Donc il me tient au courant, il m'envoie une photo du palmier qui était planté le matin même. Et le dernier texto, je le reçois à onze heures et demie, où je lui signifie que je rentre à la maison pour préparer le repas et il me dit : OK, bisous, à tout à l'heure. J'attends ; midi, midi et demie, c'est pas tellement les habitudes de mon époux de pas rentrer à l'heure, et surtout de ne pas me prévenir… »

Les heures de l'après-midi s'égrènent. Mais le mari de Stéphanie ne donne aucune nouvelle. Et au dîner, toujours rien… Vers vingt-deux heures trente, Stéphanie Gletty se décide à appeler la gendarmerie de Saint-Paul-en-Jarret. 

« Sachant qu'elle n'est pas particulièrement affolée, puisqu'elle-même dira à ce moment que son mari, par le passé, a pu prendre un peu de recul, dans des moments où il avait beaucoup de travail… »

« C'est possible, mon mari avait une fois pris sa voiture et roulé toute la nuit parce que ça n'allait pas, le burn-out total, il n'y arrivait plus, il m'avait dit : "je pars"… Je sais qu'il faisait des kilomètres, dans ces cas-là, il roulait, il roulait, il se vidait la tête. »

« L'opérateur, à ce moment-là, l'informe que son mari — à sa connaissance — n'a pas été hospitalisé, ou n'a pas fait l'objet d'un accident et d'une intervention de notre part. »

Pas d'accident, Stéphanie Gletty est au moins rassurée sur ce point. Mais, le lendemain, son mari ne rentre toujours pas. Vers dix-sept heures trente, elle rappelle donc la gendarmerie. 

« Cette fois, on lui demande des éléments de signalement beaucoup plus précis, concernant son véhicule, parce qu'il utilise un véhicule Audi Q7. »

« On sait, par madame Gletty, qu'il a un système de positionnement GPS de l'entreprise Cobra. »

Un système antivol qui équipe le puissant 4x4 de Philippe Gletty. 

« La personne de l'entreprise nous indique que le véhicule est stationné à la Terrasse sur D'Orlay, place des Artisans Boulangers, depuis le lundi 27 février 2012 à onze heures vingt. »

Garé à dix kilomètres de la maison des Gletty, le 4x4 n'a donc pas bougé depuis la veille. Les gendarmes demandent à Stéphanie de les rejoindre avec le double des clefs. Dans la voiture, rien à signaler. 

« À ce moment-là, mon collègue lui demande si Philippe Gletty a des tendances suicidaires, ou s'il a des problèmes quelconques, et lui demande également si Philippe Gletty détient une arme à feu. » 

« Le suicide, j'y pense, je me dis il a pu avoir un moment de gros gros blues, mais pourquoi là ? Il n'avait pas le profil le matin même. C'est vrai que quelqu'un qui se suicide il est quand-même dans un état un peu léthargique, il n'envoie pas une photo de palmier, voilà, il y avait quelque chose qui n'allait pas très très bien. »

Les gendarmes veulent vérifier tout de même. Philippe Gletty a pu se garer et s'éloigner un peu pour mettre fin à ses jours. Il y a un barrage au-dessus du village, où plusieurs personnes se sont déjà suicidées. Mais ces premières recherches de nuit ne donnent rien. Les gendarmes regagnent le parking quand Stéphanie leur confie un souvenir intéressant. 

« Je connais très bien la Terrasse sur D'Orlay, parce que j'ai quand-même été sa maîtresse pendant des années et je sais que c'est le point de chute où on laissait nos véhicules, pour se sécuriser. »

« Ça peut être une escapade amoureuse, effectivement, ça peut être aussi le fait de rencontrer un intermédiaire, dans le cadre d'une affaire, pourquoi pas, financière… Toutefois, ça n'explique pas qu'il ne soit pas revenu et c'est en cela que ça reste très inquiétant. »

« Là mon mari il a dû partir. Il a rencontré quelqu'un… C'est étonnant qu'il ne prévienne pas sa mère, mais… il a dû partir. Les gendarmes m'incitent à penser ça en tout cas. Ils me disent, Madame, vous n'êtes pas la première qu'un homme quitte et puis ça peut arriver, on ne va pas déclencher non plus une alerte particulière, votre mari a dû partir avec une autre femme. »

Mais les heures passent encore et Stéphanie Gletty se ressaisit. 

« Ce n'est pas possible. Il a des médicaments. Il est obligé de prendre ces médicaments. Il n'a pas pris sa sacoche. Il n'a pas d'argent. Je ne vois pas de mouvements sur son compte en banque, je sais qu'il avait assez peu de liquidités sur lui. Il n'est pas parti avec son véhicule. Ça ne ressemble pas à mon mari. C'est sûr. »

Un chef d'entreprise qui disparaît comme ça, en laissant femme et enfants sans nouvelles, la situation est suffisamment préoccupante pour qu'au troisième jour le procureur de Saint-Étienne ouvre une information pour "disparition inquiétante". Les gendarmes de Saint-Paul-en-Jarret se rendent au siège de Princeps-Alu, la société de Philippe Gletty, une usine de portes et fenêtres en aluminium. 

« Il était là tous les jours, oui, bien sûr. On a commencé à se poser des questions, au bout du deuxième, au bout du troisième, oui, il n'y avait plus de problèmes, Philippe était disparu. »

« L'ambiance est pesante et elle est difficile, dans le sens où il y a une quarantaine d'employés. Philippe Gletty est estimé, donc tout le monde s'inquiète fortement de sa disparition, d'autant que personne n'apporte d'explications. »

Les gendarmes reprennent donc l'emploi du temps du chef d'entreprise, ce lundi 27 février. Philippe Gletty est arrivé vers neuf heures, chez Princeps-Alu. 

« Tous les matins, en arrivant, il faisait le tour de l'entreprise, complet, et il venait saluer… tout le monde. Que ça soit dans l'atelier, dans les bureaux, mais il venait saluer… tout le monde. »

Vers dix heures trente, il a passé un coup de fil important à un ami, lui aussi chef d'entreprise dans la région.

« Il m'appelait pour un renseignement purement professionnel, pour une affaire à Montpellier, avec un grand groupe de la construction que je connais bien, puisque j'y ai travaillé. Il a toujours été à la recherche de conseils, il n'hésitait pas, on s'appelait, il disait ben tiens, là-dessus, comment tu fais… Je l'ai trouvé comme d'habitude, tout à fait naturel, et il n'y avait pas de choses particulières dans ses propos. On se sépare et on se souhaite une bonne semaine, puisque il était rare les semaines que je ne l'avais pas une fois au téléphone, donc, voilà. » 

En poursuivant leurs auditions dans l'atelier, les gendarmes identifient le dernier employé qui a eu un contact direct avec le patron. 

« Sur les coups de onze heures, il est interpellé par un de ses employés, M. Bonnet, un métreur, qui lui demande de rappeler un client concernant un métrage pour un chantier en cours sur l'agglomération lyonnaise. »

« Pensant que Philippe était dans son bureau il n'y était pas et il était en train de partir. Donc je suis descendu au rez-de-chaussée, Philippe était là encore, je lui ai donné le post-it en lui disant il faut que tu rappelles cette personne là parce que bon effectivement il voulait discuter avec toi mais à priori on aura le chantier. Il m'a dit il n'y a pas de problèmes je le rappelle sur la route parce qu'il partait. »

« Il va quitter l'entreprise de manière on va dire presque précipitée aux alentours de onze heures, selon les différents témoins. Personne ne sait où il va effectivement, ni même Mme Beau, ou en tout cas l'ensemble du personnel administratif qui le côtoie au quotidien. »

Bettina Beau c'est la plus proche collaboratrice de Philippe Gletty, la secrétaire de direction, celle qui sait tout sur tout…

(…)

vendredi 11 septembre 2015

Accélération et sidération


« Bon, ça va faire un peu mal, mais ça ne durera pas longtemps, essayez de vous détendre. »

Ce phénomène de l'invasion migratoire est la forêt qui cache l'arbre.  (Pour cacher un arbre disgracieux, multipliez-le par cent, par mille, et il deviendra une forêt "formidable". Pour faire disparaître un indigène, plongez-le dans un bain à forte concentration hétérogène.) Comment mieux faire accepter l'immigration massive de fond qu'en la redoublant de quelque chose qui a l'air d'être indépendant de la volonté des dirigeants occidentaux, qui se désigne à nous comme une sorte de "catastrophe", alors qu'elle n'est que l'acmé en trompe l'œil d'un phénomène qui a commencé il y a quarante ans ? Comment mieux la faire passer au second plan qu'en la noyant dans la même chose mais à la puissance dix ? Cette "migration" n'est pas un événement (d'ailleurs, ce n'est pas une migration). C'est un anti-événement, c'est une anti-migration (les espèces qui migrent le font chaque année, et chaque année reviennent à leur point de départ. Ici, tout nous démontre qu'il n'y aura pas de retour possible). Elle était déjà à l'œuvre depuis longtemps mais ceux qui l'appellent de leurs vœux n'avaient pas encore trouvé la bonne présentation, le nom adéquat, la forme ultime, qui la rendrait, non pas acceptable, mais inéluctable, impossible à refuser. Immigration est devenue migration, et de ce préfixe disparu dépend la disparition d'une espèce. Comment, en deux lettres coupées, disparues du sens, désarmer un peuple, des peuples ? La réponse a lieu ici et maintenant, en temps réel.

Ils avaient à peu près tout essayé, et malgré les succès indéniables de l'entreprise, elle rencontrait encore des résistances qu'on ne pouvait négliger tout à fait. Des critiques se faisaient entendre ici ou là qui, même si elles étaient immédiatement diabolisées et criminalisées, recueillaient tout de même inexplicablement l'assentiment sourd mais entêté d'une partie de la population. Comme souvent, le nombre et la vitesse allaient tout changer, la qualité serait créée par la quantité. Puisque les Rétifs résistaient encore à une dose forte, on allait leur administrer une dose létale, ce qui aurait pour avantage de les faire disparaître et de faire disparaître avec eux leur réticence ontologique, mystérieuse aux yeux des nouveaux Médecins de l'Espèce humaine. Puisque c'était par leur seule existence que les Rétifs opposaient une résistance à la Remplacibilité générale, la solution a consisté à les noyer dans la masse. Bien sûr, la chose était en train depuis longtemps, mais la lenteur même du processus constituait un risque qu'il se retourne contre ses promoteurs, à la faveur d'un de ces événements par nature imprévisibles et paradoxaux dont l'Histoire a le secret.

Longtemps, la doctrine avait été celle de la grenouille plongée dans une marmite dont on élève insensiblement la température. La grenouille finit toujours par être ébouillantée, mais elle ne songe pas à se révolter, puisqu'elle s'habitue à son bouillon. Ils ont fini par penser que même dans ces conditions, la chose allait s'ébruiter, et puis surtout, ce sont des impatients par nature, qui s'enivrent de leur propre puissance et qui, à mesure qu'ils deviennent différents de nous, oublient qu'il est encore possible de ne pas partager tout à fait leur enthousiasme essentiel. (Le délirant ne sait pas qu'il délire ; pour lui, il faut soigner celui qui ne délire pas en chœur.) Leur patience est à bout. La propagande était pourtant sophistiquée et efficace, mais l'appétit vient en mangeant, et ils ont les yeux plus gros que le ventre. Ils parviennent de moins en moins à masquer leur fuite en avant, on en a des signes manifestes tous les jours ; la photographie du petit Aylan n'en est qu'un exemple parmi des dizaines. 

jeudi 14 mai 2015

Attaquer Belkacem

« Il s'était répandu dans tout le camp que l'Empereur était indisposé. »


samedi 14 mars 2015

Deux mots en triangle


Deux vocables contemporains très utilisés, "antisémitisme" et "antisionisme", ont un destin paradoxal. L'un, en apparence bénin, tue tous les jours ; l'autre, de sinistre réputation, est à peu près inoffensif, ou ou moins sérieusement dévitalisé. Les deux trajectoires de ces mots se sont croisées, comme si l'un des termes avait vidé l'autre de tout son sens. 

Peut-être ont-ils été touchés par la force de gravitation d'un troisième terme qui en aurait en quelque sorte inversé les polarités, ce troisième mot étant la fameuse "islamophobie". Les mots en phobes sont des trous noirs : ne laissez rien traîner à proximité d'eux !

lundi 1 décembre 2014

L'autre dans sa différence…


Sur Facebook, une amie musicienne dépose un "statut" ainsi rédigé : « l'autre dans sa différence : une richesse…. » Je lui demande s'il s'agit de second degré. Elle ne répond pas, mais ses "commentateurs" se chargent de le faire à sa place : 

"Tellement le fondement du vivant !" [TREMOLOL]

Comment peut-on écrire sérieusement ce genre de choses, sans être immédiatement pris d'un fou-rire à en claquer ? Grand mystère ! Comme dirait Fabrice Lucchini : « J'aimerais tellement être de gauche ! » mais quel boulot !

lundi 22 septembre 2014

Ma Vie parmi les nombres (après une lecture du Millet)




Wagner ou Bizet, Mozart ou Beethoven, je n'arriverai jamais à choisir, se laisser distraire, aller dans l'inconnu, ne jamais savoir où se trouve la vérité, tourner en rond dans la poussière, avoir les yeux clos en plein soleil, mais comment font-ils, je ne sais pas, écrire où, sur un cahier, sur des feuilles volantes, sur l'ordinateur, rêver éveillé, déchirer des pages et des feuilles, plaquer des accords, s'en défier, retourner se coucher, fumer une cigarette, plonger le regard dans les yeux d'une vache, oublier, cette énigme, jaillir comme l'éclair, se refermer, oublier encore, écouter la pluie, jouer une gamme chromatique, une note sur deux, sur trois, sur quatre, sur cinq, se coucher pour mourir, les draps frais, nuit en plein jour, boire du café, expirer tout l'air qu'on a en soi, on se dit qu'on va se suicider par l'arrêt de la respiration, fantaisie, l'odeur de ma mère, précarité ironique du souvenir, notes répétées, virgules après virgules, se regarder dans le miroir, j'ai soif, j'ai faim, gamme pentatonique, espoir déçu, Don Giovanni, belle fille pleine de dents à tribord, l'angoisse comme paysage, coussin profond, non, Bizet, mystérieuse barricade, transpiration, souffle, haleine, je me suis toujours trompé, écriture, les arbres, le livre creux, l'haleine du livre entre les pages, aveugle comme les choses, l'idée, abandonnée, esseulée, oubliée, au lit, dans le catalogue, addition, séduction, grain de sable entre les seins, fente du scrupule inutile, bouche ouverte images de soi, mordre les doigts, pleurer, renoncer, perdre, oublier encore, partir, tout le blanc mineur, recouvert de larmes, je l'entends rire, et rire, et rire…

Le cheval est à la porte. Il frappe du sabot. Je regarde par l'œilleton. Que faire ? Lui ouvrir ? Faire comme s'il n'y avait personne ? Parler à travers la porte ? Je décide d'en parler sur Facebook. 

Ah, l'inconnu… Comme c'est tentant. Une naissance sans péridurale. Les jambes grand écartées devant les nombres hiératiques. Constellations de hasard : il compte ses propres pas à en devenir fou. Plénitude du sens au col de Luther, le nerf vague comme les chanteurs de maîtres russes. Ô King !

Sœur Martine me fait part de sa souffrance. Nous allons communier en Bizet. Si tout se passe bien, Michaela devrait revenir ce soir au parloir. On se fumera une petite tige derrière l'autel avec Valjean. J'aime le contact des draps frais. Les draps froissés me font faire des cauchemars, les brutes. 

Il prend les 138 fiches, les mélange, les distribue et s'en va aux toilettes. Chahut total. Les chattes griffent les chiens, et tout à coup un silence sépulcral se fait : on a déposé une tête de cochon devant la porte ! C'est Richard qui se tire de chez Gallimard. Part pour Bayreuth, s'arrête en chemin à Vesoul. Climat favorable. Il se signe devant Bill Evans, ça ne plaît pas aux journalistes. Cosette intercède en sa faveur, mais Javert ne veut rien savoir. Il pleut comme vache qui pisse. Lolita, sur ces entrefaites, arrive avec armes et bagages, monte directement dans sa chambre et commande une pizza au bacon. François se met au piano et joue des tritons tremblants. C'est dantesque. Le lac frémit, Cosima blêmit. Leporello part pour l'Amérique en business class. Tout est bien qui finit bien. 

C'est la Gloire du pitre, sur le plateau. Bilan : une guerre de religions et une fiancée en trop. Retour à Wagner, en passant par Paris. Les yeux noirs et l'heure bleue, l'affreux rire du dément, le décor se met en place, on n'attend plus que le Philosophe, l'idiot de la sainte famille et la femme au turban. Ça va commencer. Le Mont Ventoux rougeoie dans l'air du soir. On sort les olives. 

mercredi 17 septembre 2014

Sciences sociales


Votre situation :

  1.  En couple
  2.  Fiancé
  3.  Marié
  4.  Célibataire
  5.  Amoureux
  6.  Divorcé
  7.  Paxé
  8.  En concubinage
  9.  Haine de l'autre
  10.  Indifférence totale
  11.  Envies de meurtre
  12. Hémorroïdes
  13. Don d'organes
  14. Début d'Alzheimer
  15. Juppé en 2017

Rayer les mentions inutiles.

samedi 23 août 2014

Oh !


Antiportrait de Renaud Camus, d'après un tableau de Renaud Camus.

lundi 4 novembre 2013

lundi 30 septembre 2013

Itinéraire d'un provincial



1, bis, place des Vosges, 4e
Rue de Charenton, 11e
Avenue du Bel-Air, 12e
10 (?), rue Ferdinand Duval, 4e
62, rue Joseph de Maistre, 18e

    (Planay, Bourgogne)

56, rue Saint-Louis en l'Isle, 4e
2, rue des arquebusiers, 3e
3, place des Vosges, 4e
35 (?), rue de Seine, 6e
13, rue Linné, 5e
12 (?), rue Villehardouin, 3e
Rue de Lappe, 11e
35, rue Racine, 6e

dimanche 1 septembre 2013

Orgasme méditatif anal ou l'autre "non"


Il y a un atelier sur "l’orgasme méditatif anal", qu’est-ce que c’est par exemple ? 

 C’est Christian qui a développé ça, un bisexuel qui poursuit une pratique de développement personnel depuis des années. Il est créateur et l’animateur de l’Institut européen de sexualités contemporaines à Nice, masseur tantrique et sexothérapeute. On se retrouve souvent à Berlin, dans mon lieu, schwelle7. Je trouve que les pratiques anales sont très importantes et éducatives, notamment pour les hommes. D’abord il s’agit de découvrir la prostate qui fait intégralement partie de la sexualité masculine (son massage est également une pratique très utile dans la prévention des cancers). Mais surtout cette pratique questionne les stéréotypes de la masculinité, comme l’idée phallique. Selon moi il n’y a pas de masculin et de féminin, il y a plutôt l’être qui pénètre et l’être qui est pénétré. Même dans les couples du même sexe, on retrouve ces rôles. Chaque homme, surtout s’il se définit hétérosexuel, devrait se faire pénétrer au moins une fois dans sa vie pour se retrouver du point de vue de la «femme». L’atelier de Chris est une occasion pour cela. 

 Vous-même vous animez des ateliers. 

 A Paris, le premier jour, je vais faire un atelier sur la résistance, le refus, le «non». L’enjeu est de comprendre ses propres limites et de les exprimer. D’apprendre les differentes manières de dire «non». Parfois, dans la sexualité, on a décidé de ce qu’on veut et ce que l’on ne veut pas, a priori, mais ces frontières peuvent évoluer très vite. Elles changent avec les gens que l’on rencontre, l’ambiance, etc. L’enjeu est de comprendre ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas, comprendre aussi le décalage entre la perception de soi-même et celle que l’autre peut avoir de nous. Inscription en ligne ou sur place, 30, 31 août et 1er septembre, studios micadanses, 15 rue Geoffroy l’Asnier, 75004 Paris, 100 euros la journée, 210 les trois jours.

Je suis à mon bureau, au Flore. BHL vient de passer, il m'a fait la bise. Il est grand, beau et riche, et alors ? Ce n'est pas une tare, quand-même ! Je suce un glaçon. J'écris sur mon Mac, en direct sur Facebook. C'est génial. J'ai pris un jus d'ananas. J'attends Christine. Ce que je pense de la sodomie ? Qu'il ne faut pas en abuser, tout de même, je n'ai pas envie de devenir incontinente. Il fait beau, il fait chaud, Paris est une ville merveilleuse, je fais un métier formidable. Je me suis encore couchée trop tard hier-soir, mais on a passé une soirée formidable, avec Arielle, Yannick, Gabriel, et quelques autres dont j'ai oublié les noms. Mais ils étaient tous beaux, gentils, adorables même, surtout Arielle, que j'adore, vraiment, cette femme est un modèle pour moi. Je passerais des heures à lui parler, à la regarder rire, bouger, se gratter le nez discrètement, froncer les sourcils gentiment. Elle m'a raconté des histoires formidables, d'une drôlerie incroyable. J'aurais dû les noter en rentrant, mais j'avais trop bu. Ce que j'aime, avec Arielle et ses amis, c'est qu'on se sent dans la lumière. Oui, voilà, c'est ça, c'est une femme qui apporte la lumière, qui vous donne la lumière qu'elle a en elle, c'est merveilleux, ça, c'est la vraie générosité. Dominique m'envoie des photos de moi, il y en a deux ou trois qui sont vraiment bien, je les mettrai sur Facebook. Je ne crois pas en Dieu, enfin je ne crois pas, mais si j'y croyais je lui dirais merci pour la vie que je mène, pour tous ces gens merveilleux qu'il me donne l'occasion de rencontrer, pour le bon vin, pour ce pays si agréable qui est le mien, non, vraiment, je le remercierais, je lui mettrais un cierge à l'église Saint Germain. Mon Dieu je vous admire, même si je ne suis pas certaine de votre existence. Oh je vous admire tellement ! Quand je pense que vous avez créé Christine, cette femme véritablement unique, si talentueuse, que je respecte tant ! Vous lui avez fait un port de reine, car c'est bien une reine, n'est-ce pas, une reine de l'écriture, qui met tout le monde à ses pieds. Oh, bien sûr, il y a tous ces jaloux qui la détestent, mais ça c'est normal, le talent, le génie, ça ne vous fait pas que des amis, n'est-ce pas, c'est comme ça, on ne peut que plaindre ces pauvres gens qui ne voient pas, qui ne comprennent pas, qui n'ont pas suffisamment de sensibilité pour la comprendre, pour goûter sa littérature comme il se doit. Heureusement, à moi, vous avez bien voulu donner ce don d'admirer, de sentir, cet enthousiasme qui fait si cruellement défaut aux pauvres jaloux. Oh, je ne leur en veux pas, allez, ce n'est pas de leur faute, ils sont nés handicapés, incomplets, ils sont à plaindre, je les plains. Mais je vois Christine qui arrive, Mon Dieu qu'elle est belle, noble, élégante. Malgré le travail de forçat qui est le sien quand elle est en écriture, elle arrive à rester belle, c'est inouï ! Elle approche. Je vous laisse, on se reparle bientôt !!!

(…)

jeudi 25 juillet 2013

Remplacement


Rondes sur la place

« À mon beau château », la ronde d'autrefois, pleine de menaces et de promesses, nous l'avons beaucoup chantée, mes petites voisines et moi, dans le jardin des soirs d'été, sous la cathédrale.

Deux rondes : l'une, la plus nombreuse, était le "Beau Château" ; l'autre — une joueuse ou deux — venait le démolir.

Pour le démolir, en tournant autour, elle retirait — "ôtait" — une à une toutes les "pierres" du Beau Château, toutes les joueuses de la Grande Ronde en les appelant par leur nom, l'une après l'autre.

« Quelle pierre ôt'rez-vous ? demandait le Beau Château. 

— Nous ôt'rons la pierre de Marthe… puis, tour à tour, celle de Madeleine… celle de Jeanne… celle de Marie. »

« Que lui donn'rez-vous ?

— Un' bell' couronn' d'or… une belle bague d'or… un beau collier d'or… »


La ronde démolisseuse, ainsi, promettait à chaque "pierre" ôtée, de merveilleuses choses en or que nous inventions à mesure. 

Tentées, les joueuses, tout à tour; abandonnaient la Grande Ronde pour rejoindre l'autre. Et le Beau Château était démoli, remplacé par le Château neuf.

Les deux Rondes se sont remises à danser sur la Grand-Place. La Ronde du Passé y tourne avec son vieux Beau Château et la Ronde de Demain, la Ronde Nouvelle vient le démolir en promettant monts et merveilles.

Je les entends de loin. Elles chantent…

(Marie Noël, Notes intimes)

dimanche 14 juillet 2013

Bleu, blanc et rouge


Donc, si l'on comprend bien, dans la France de 2013, la France de Hollande, on se fait contrôler par la police si l'on est porteur d'un… drapeau français

Je crois, je suis même sûr, que ce petit détail amusant fera beaucoup parler de lui dans les mois et les années à venir, et qu'il contribuera plus que bien des discours, des images, et des idées, à expliquer ce qu'est devenu ce pays et ce qui arrive à une vieille nation qui fut naguère la nôtre.


samedi 13 juillet 2013

Le Choix


Il s'agit d'un commentaire posté sur un blog, d'un commentaire que je trouve particulièrement brillant, par sa concision et sa capacité à éclairer d'une lumière crue ce qui se passe dans le pays dans lequel je suis né.

Robert Marchenoir13 juillet 2013 13:41
La presse :

Nathalie Michel, du syndicat de police Alliance, raconte la scène : "A 17 heures 30, alors que nos collègues interviennent, ils voient un groupe de jeunes qui approchent et qui semblent porter secours aux victimes. Très rapidement, ils se rendent compte que ces individus sont présents pour dépouiller les victimes et notamment les premiers cadavres".

Le ministre des Transports :

Le ministre a fait état d'"actes isolés", d'"une personne interpellée", d'"une tentative de vol de portable" au préjudice d'un secouriste, de "pompiers qui, par petits groupes, ont été accueillis de façon un peu rude". Mais de "véritables actes commis en bande, non", a dit le ministre qui a ajouté qu'"à (sa) connaissance", il n'y avait pas eu "de victimes dépouillées".

Wikipédia :

Le jeudi 1er septembre 2005 au soir, des unités de la Garde nationale de l'US Army arrivent sur les lieux [des inondations de la Nouvelle-Orléans] pour empêcher les pillages, qui se sont généralisés, avec ordre de tirer pour tuer.

Alors ? Qu'est-ce que vous préférez ? Les valeurs de la République ? Ou la loi de la jungle de l'ultralibéralisme anglo-saxon ?

mardi 25 juin 2013

Sons et brioches…


Charles Lamoureux (1881-1899)
Camille Chevillard (1897-1923)
Paul Paray (1923-1928)
Albert Wolff (1928-1934)
Eugène Bigot (1935-1950)
Jean Martinon (1951-1957)
Igor Markevitch (1957-1961)
Jean-Baptiste Mari (1961-1979)
Jean-Claude Bernède (1979–1991)
Valentin Kojin (1991–1993)
Yutaka Sado (1993–2011)
Fayçal Karoui (2011-...)


« Fayçal Karoui obtient un premier prix de piano au conservatoire à rayonnement régional de Saint-Maur-des-Fossés dans la classe de Catherine Collard et un premier prix de direction d'orchestre au conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Il est lauréat du Concours international de jeunes chefs d'orchestre de Besançon et a été l’assistant de Michel Plasson à l’Orchestre national du Capitole de Toulouse. Depuis 2001, il dirige l'orchestre de Pau Pays de Béarn. Il s’efforce de populariser la musique classique au-delà de son auditoire traditionnel : concerts « sons et brioches » pour les enfants, concerts à l’université, en prison, à la foire-exposition, soutenus par la municipalité via une politique tarifaire attractive. L'orchestre de Pau Pays de Béarn compte, pour la saison 2008-2009, 1400 abonnés. L'orchestre propose également une saison de musique de chambre. Il a enregistré en 2004 une version « dépoussiérée » de Pierre et le loup de Serge Prokofiev, avec Smaïn en récitant. En 2006 et 2007, il est directeur musical de l'opérette Le Chanteur de Mexico de Francis Lopez, montée au théâtre du Châtelet à Paris, où il dirige l'Orchestre national de France puis l'Orchestre national d'Île-de-France. En juillet 2006, Fayçal Karoui a été choisi pour devenir le cinquième directeur musical du New York City Ballet. Il y a commencé son mandat le 1er décembre 2006. Une annonce de février 2012 indique que son contrat prendra fin en juin 2012. En janvier 2011, il est nommé directeur musical de l'Orchestre Lamoureux. En juin 2011, il a créé avec Thierry Malandain, l'Orchestre de Pau Pays de Béarn et le Malandain Ballet Biarritz, le ballet Lucifer de Guillaume Connesson, dont il est dédicataire. En janvier 2013, il est fait Chevalier des Arts et Lettres par Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture et de la Communication. »

(…)

samedi 22 juin 2013

En France


Argenteuil, en France. Saint-Denis, en France. Nîmes, en France. Marseille, en France. Roubaix, en France. Avignon, en France. Agen, en France

En France

Il faut préciser

C'est comme pour le camembert. Il y a le camembert de Normandie, et le camembert (fabtiqué) en Normandie. Bien lire l'étiquette !

dimanche 16 juin 2013

Blanchiment




Plutôt qu'un long discours…