jeudi 3 septembre 2026

Ton pouls et ton style [journal]

 

Au jardin, six heures et demie.

Réveillé et levé à six heures, après un rêve où Chloé apparaissait, maussade, en compagnie de sa mère, et c’est la mère que j’intéressais, malheureusement… Il faisait 24,5° au salon et 19,2° à l’extérieur quand je suis descendu. 

Cette nuit, je pensais à tous ces petits gestes de la vie quotidienne que nous faisons sans les apercevoir et qui deviennent cruellement sensibles au fur et à mesure que les années avancent, jusqu’à devenir pénibles, voire douloureux. Ils ont toujours été là, mais on ne les voyait pas. Ils sont indispensables, en faire l’économie est impossible, et c’est précisément cette impossibilité qui vient nous inquiéter alors qu’il ne nous serait jamais venu à l’idée de nous révolter contre eux. Il y a dans cette somme qui se révèle comme à rebours quelque chose de désespérant, car nous comprenons très vite que nous ne serons pas les vainqueurs de cette confrontation ; nous éprouvons dans notre chair le verdict qui s’annonce inéluctablement. (Il arrive que ça me réveille la nuit.)  De plus en plus, nous les voyons, nous les scrutons, même, dans l’espoir de les éviter, ou au moins de les adoucir, de les rendre indolores. Ces petits gestes automatiques, c’est ce qui donne à un individu son profil vital, c’est ce qui lui confère sans qu’il en ait conscience une allure, cette façon particulière d’habiter le monde, de s’y mouvoir et d’y faire sa place, car les autres sont bien obligés d’en tenir compte. Ce sont autant d’accommodements qu’il trouve avec les objets, avec les meubles, avec les lieux et le temps. C’est son économie essentielle. C’est l’une des premières choses dont on est conscient sans l’être quand on rend visite à quelqu’un : le voir se mouvoir chez lui nous est une leçon sur son être irréductible, leçon qu’il n’aurait jamais pu nous donner ailleurs. Le voir déplacer des objets, fermer une porte, passer d’une pièce à l’autre, tirer la chaise sur laquelle il s’assoit, s’approcher de l’évier de la cuisine, ouvrir un placard, nous tendre un verre ou un livre, nous renseigne mieux sur lui que toutes ses déclarations. Un jour que nous rentrions en voiture dans la propriété familiale, mon frère et moi, je dis à celui-ci que notre mère avait accroché sa voiture au portail, et je m’en étonnais, car la manœuvre n’avait rien de difficile, et elle l’avait exécutée des centaines, peut-être des milliers de fois. Il me répondit simplement que les personnes âgées économisent leurs gestes. Alors, j’eus la vision de ma mère au volant, et je sus qu’il avait raison. À chaque nouvelle occurrence, le geste est un peu plus court, un peu moins ample, et il arrive un moment où il ne suffit plus. Mais les choses se sont faites insensiblement, petit à petit, sans que l’auteur du geste en prenne conscience. Il existe une marge plus ou moins grande durant laquelle il ne se passe rien, qu’on peut utiliser à son profit pour réduire la quantité d’effort, ou de douleur, mais cette marge n’est pas infinie, et la dépasser conduit à l’accident. C’est une forme de latence que l’existence nous accorde et qu’on retrouve dans beaucoup de domaines, et dans celui de la santé en particulier. On sait, en général, si l’on est un tant soit peu attentif, ce qui est mauvais pour notre santé, mais durant toute une période, plus ou moins longue selon la force vitale dont nous disposons, nous pouvons ignorer ce savoir, jusqu’au jour où notre corps, qui a toujours raison, nous dit : Stop ! Je ne peux pas aller plus loin dans cette direction ; la distance qu’il a parcouru en s’éloignant de son équilibre est à son maximum. Il y a toujours un moment où la vie nous dit : Stop, je n’irai pas plus loin dans cette direction ; trouve un autre chemin si tu veux continuer à avancer. Vieillir a ceci d’intéressant que nous pouvons enfin percevoir toutes ces butées, toutes ces aspérités, que tout un monde invisible se révèle à nous et qu’il éclaire rétrospectivement la vie qui fut la nôtre, qu’il lui donne un sens bien différent de celui auquel nous étions habitués et que nous croyons être le seul et l’unique. Toutes nos actions depuis l’origine ont des effets, mais ces effets peuvent parfois mettre toute une vie à se dresser devant nous et à se convertir en obstacles infranchissables. 

Mme Proust écrivant lettre sur lettre à son fils de dix-huit ans : « Je ne sais pas où j’ai lu un récit touchant d’une mère paralysée et aveugle, qui s’aperçoit cependant que sa fille est amoureuse, suit les progrès, la met en garde, etc. — moi, paralysée par la distance et recevant bien peu de clarté de tes lettres qui négligent trop les points essentiels, je sens très bien ton pouls et ton style battre trop vite, et je réclame absolument du calme, du régime, des heures de solitude, le refus de participer aux excursions, etc. ». 

Y a-t-il meilleure preuve de la puissance de la lettre, des Lettres et du style, et donc de la langue, que cette formule merveilleuse de la mère de Marcel Proust : « je sens très bien ton pouls et ton style battre trop vite » ? Elle n’a pas besoin d’y être, la mère, il n’est pas nécessaire qu’elle ait son Marcel sous les yeux pour savoir que le cœur de son fils bat trop vite et trop fort, il lui suffit de le lire, même s’il lui parle de tout autre chose que de ce qui l’agite, quelques mots suffisent, qui révèlent ce qu’ils voudraient ne pas dire par le mouvement qui les soulève hors de la page. 

« C’est un samedi, le 3 septembre 1870, au lendemain de la capitulation de l’Empereur, que Maman et Papa se sont mariés dans la mairie du dixième. Que je sache, jamais un mariage religieux n’avait été envisagé. Maman avait 21 ans et Papa 36. » C’est Marcel qui écrit à Lucien Daudet, probablement en 1905. Je note ceci parce que nous sommes le 3 septembre. J’aurais pu noter aussi que j’ai regardé attentivement Cécile Guilbert à la radio (oui, la radio se regarde, maintenant) et que je l’ai trouvée très belle. Elle a un sourire extraordinaire, et d’autant plus extraordinaire qu’elle l’éteint en un clin d’œil, retrouvant son visage froid et énigmatique de déesse sur le point de rendre son oracle. Elle a le sourire merveilleux de ceux qui en un clin d’œil retrouvent leur enfance et bien d’autres mystères qu’ils ne laissent deviner que pour mieux nous faire comprendre que jamais nous ne les connaitrons. 

mercredi 2 septembre 2026

Biffures [journal]

 


Au jardin, à six heures et demie.

Réveillé et levé à six heures. Il faisait 24,3° au salon et 16,4° à l’extérieur quand je suis descendu. 

Il m’amuse de lire en même temps Catherine Millet et Catherine Millot, la dernière femme de Lacan. Là encore, il s’agit d’un livre acheté il y a très longtemps (1991), et jamais lu (La Vocation de l’écrivain). Les années 90 ont été celles du retour en Haute-Savoie et de la fin de mon analyse avec Paulette Wilgowicz, qui a écrit un Art de la fugue ou l’art de vivre avec ses doubles, mais aussi Nœuds de silenceLa Mort saisit le vif, et Les arpèges de la Dame blanche. Rue des Blancs-Manteaux, rue Vieille-du-Temple, rue des Guillemites, rue du Trésor, rue Barbette, rue des Écouffes, rue des Rosiers, rue Ferdinand Duval, rue Pavée, rue Mahler, rue de Jarente, rue Madame-de-Sévigné, rue des Francs-Bourgeois, place des Vosges, la librairie dont j’ai oublié le nom, était-ce Biffures ? J’aimerais assez que ce soit Biffures. Ce furent aussi les années de la lecture émerveillée et émerveillante de Proust, énorme bouffée d’intelligence. « Proust, au Ritz, laissant ses interlocuteurs dans la perplexité, déclara qu’il était homosexuel “par délicatesse”. « À la femme comme à “la langue française, dame aimable et infiniment gracieuse, il ne faut jamais imposer de pose sale”, écrivait-il dans sa jeunesse à Daniel Halévy. » J’avais d’abord lu : « il ne faut jamais imposer de prose sale », évidemment. Les homosexuels voient souvent les femmes comme des êtres délicats et subtils, aimables et gracieux comme la langue. On ne peut s’empêcher de penser que c’est parce qu’ils ne les connaissent pas vraiment. Dans le corps des femmes, il y a toutes ces biffures et cet art infini de la fugue, ces nœuds inextricables de silence, et surtout ces doubles inconstants — violence autrement efficace que la nôtre. « Je sais pour la blanchisseuse. Tu me disais : tu me mets aux anges. J’ai vu la morsure. »

Mais il y a tout de même cette notation : « Tous mes désirs de la vie se confondaient en cette seule curiosité, la manière dont Albertine éprouvait du plaisir ». Proust ne veut pas entendre parler de désirs qui se rejoignent, entre un homme et une femme, le pauvre Emmanuel Berl en fit les frais, qui reçut des insultes lancées comme des pantoufles. Pour lui, selon Catherine Millot, « la femme vraiment autre est celle qui aime les femmes car le mystère de son plaisir n’en est que plus absolu d’être inconcevable pour l’homme. » Pour moi, c’est le plaisir hétérosexuel de la femme, qui est un mystère, car il y a toujours ce moment, dans la rencontre charnelle entre un homme et une femme, où il devient évident qu’on ne sait pas ce qu’on fait, ni l’un ni l’autre, qu’on tombe chacun à sa manière dans un nœud de silence qui n’a rien d’aimable ni de gracieux, où la mort saisit le vif, où l’on côtoie dangereusement la folie. La pose et la prose sales, à ce moment-là, seraient plutôt un garde-fou, une échappatoire, une sorte de langage ou de jeu, de théâtre qui éloigne le délire, le rend inoffensif. Le roman plutôt que la romance. C’est bien une forme de délicatesse qui s’incarne dans ces moments où le geste et la langue se mêlent, recouvrant d’ordure une impossible possession, toujours reportée à plus tard. 

« Si chacun de nous dessinait son propre corps sous la dictée de son regard intérieur, on obtiendrait une belle galerie de monstres ! » écrit Catherine Millet. « Mon derrière, autre face de moi-même. » Elle avait une tête pas terrible, « mais quel cul ! » Les femmes ne voient jamais vraiment leur cul, elles en sont réduites à se fier aux descriptions que les hommes en font, descriptions souvent malhonnêtes parce qu’intéressées. J’ai très souvent constaté qu’elles en ont une représentation assez fausse et que par là nous avons un pouvoir sur elles. « Oh, Catherine, ton cul, ton cul… » Nous avons tout de même de la chance, nous les hommes français, veux-je dire, d’avoir un tel mot, si bien adapté à la forme de nos mains et de notre bouche, un mot en forme de balle. Je crois que la langue et le sexe ont été imaginés par un même dieu très précis et très méticuleux, un bon artisan connaissant bien son affaire. C’est déjà ça. Tout n’est pas à jeter ici-bas, mais je n’aimerais pas avoir trente ans aujourd’hui. Nous étions tous seuls en même temps, alors qu’aujourd’hui nous n’avons de la solitude que sa version maladive.

Le fait de tenir mon journal quotidiennement, chose que je n’avais plus faite depuis des années et même des décennies, me permet de voir ce que je ne comprenais plus : ce qui doit advenir sur la page, et comment, sinon pourquoi. Parce qu’il faut aller très vite. Il n’est pas question de passer une demi-journée à écrire une page, ça n’aurait pas de sens. Le journal n’est qu’une des heures de la journée, une heure sur laquelle on ne revient pas, qu’on regarde passer, qu’on laisse passer. Chaque jour, au moment où je mets face à cet écran ou ce cahier ce que je pense, je constate que mes pensées ne sont pas pensables. Elles n’aboutissent à rien, elles n’ont aucune légitimité, aucune pertinence ; si j’essaie de les développer dans mon esprit avant d’écrire, elles sont toujours bêtes. Et à chaque fois, je constate qu’il faut commencer la phrase, sans crainte et sans idée préconçue, pour qu’une autre idée ou une autre énonciation vienne remettre celle que j’avais en tête à sa place, c’est-à-dire dans son linceul : elle n’était là que pour fournir un élan ou un alibi à la phrase réelle, celle qui doit s’écrire. On ramasse les phrases du journal comme un ramasse les fruits mûrs du jour. « Une odeur, une couleur, un bruit, et le grand navire de l’existence prend le large, très au-delà de l’actualité en écume, vers un passé qui ne passe pas, demande son développement, son récit futur. » L’idée doit mourir pour que la phrase vive. 

 

mardi 1 septembre 2026

Trous du cul [journal]

 

Au jardin, six heures et quart. (24,5° et 16,8°)

Je me suis réveillé à cinq heures et demie, levé à six heures, et je ne sais plus si c’est l’envie de pisser ou la douleur à la hanche qui m’a réveillé. Je rêvais que je faisais un feu autour de ma mère pour la réchauffer, et je déposais dans le brasier un pied de vigne qui (d’après moi) sentait bon, ce qui m’obligeait à m’excuser auprès d’elle, non de la bonne odeur, mais parce que j’avais utilisé un bois qu’elle jugeait trop précieux pour un tel usage. 

« Chat GPT est mon meilleur ami »*, dit l’écrivain. Ça vous fait rire ? Ne riez donc pas bêtement, c’est exaspérant ! La non-lecture, la non-présence, la non-attention tuent beaucoup plus que les guerres ou la méchanceté. J’en ai parlé hier avec Raymond, qui a très bien compris, lui (oui, oui, ça va, je sais…). On peut se gausser, évidemment, c’est facile, mais quant à en dire quelque chose d’intéressant, là il n’y a plus personne, hein ! Raymond en est capable, lui, que ça vous plaise ou non. 

La lune est toujours là (même amputée), par-dessus mon épaule ; elle aussi m’agace. « Il est con comme la lune », disait-on dans mon enfance… Comment tant de poètes et de musiciens ont-ils pu faire les louanges de cette saccageuse d’aube de septembre, ça me dépasse ! Ah oui, septembre, nous y voilà… Il fallait bien que ça arrive. Dans La Lenteur de Kundera, il y avait, si ma mémoire ne me trompe pas trop, un très beau passage où il comparait la lune à un trou du cul. 

Sur Instagram, il y a quelques jours, quelqu’un se vantait de ne pas aimer Belle du Seigneur, de Cohen, et le Voyage au bout de la nuit, de Céline. Cette femme, puisque c’était une femme, et cette éditrice, puisqu’il s’agit de l’éditrice d’Irène, avait jugé bon de se filmer avec gourmandise en train de montrer ces livres à la caméra et de dire tout le mal qu’elle en pensait — en l’occurrence : « C’est chiant ! ». Tout était « chiant », de la quatrième de couverture jusqu’aux pages intérieures dont elle nous faisait savoir (comme dirait Michel Onfray) qu’elle avait fait l’effort d’en lire quelques-unes, au début, au milieu, et à la fin, mais non, vraiment, c’était « chiant » et pas autre chose. Point barre, ou mieux encore, fin de l’histoire, aurait-elle pu ajouter, pour interpréter son rôle à la perfection. Ah oui, pour Céline, elle avait même fait l’effort suprême d’oser lire (enfin, d’entrelire, plutôt, comme on entrevoit) un autre livre du même auteur. Et quel autre livre, allez-vous me demander ? Mort à créditGuignol’s BandNordD’un château l’autreRigodonGuerre ? Que nenni ! C’est sur Bagatelles pour un massacre que notre lectrice exigeante a jeté son dévolu. On a failli être étonné. Et alors là, le couperet céleste tombe, impitoyable sanction du bon goût offusqué : « C’est bête et méchant. » Quelle formidable originalité ! Quelle lecture perspicace, quel regard acéré, quel esprit indépendant et sans concessions ! Bordel de merde, ça c’est de la critique ou on ne s’y connaît pas. Cette pauvre femme est con comme la lune, mais elle a le très mauvais goût de se croire originale, « anti-snob ». Pour elle, on ne peut aimer Belle du Seigneur ou le Voyage au bout de la nuit que par snobisme, l’affaire est entendue, ya pas à tortiller du cul. Je l’avoue piteusement, je n’ai pas su résister, et j’ai laissé un « Pauvre femme » sous sa petite vidéo misérable. À quoi elle a répondu avec son brio légendaire : « Pauvre homme ? » Je laisse aux exégètes de haut niveau le soin de m’expliquer le point d’interrogation… Mais la question n’est pas là. J’ai eu tort de me laisser aller à cet inutile mouvement d’humeur, ça ne fait aucun doute. On a parfaitement le droit de ne pas aimer l’œuvre d’Albert Cohen ou celle de Céline, et je connais de très grands lecteurs qui n’aiment pas l’un ou pas l’autre, et parfois ni l’un ni l’autre. On a le droit de ne pas aimer Mozart, ou Chopin, ou Debussy, et là encore je connais de grands esprits qui avouent ce manque de dilection. Ils ont d’excellentes raisons, d’excellents arguments, et des explications que je peux entendre, que j’écoute même avec beaucoup d’intérêt, même si je ne partage pas leur opinion. Simplement, leur discours est intelligent, il m’apprend quelque chose, il me fait comprendre ce que peut-être je n’ai pas su voir ou entendre, leur contradiction m’enrichit, même si elle peut me heurter ou me décevoir. C’est leur goût, construit et adossé à un grand savoir, à une véritable connaissance de la littérature ou de la musique, qui peut parfaitement s’entendre, c’est un goût qui n’est pas seulement un état culturel de bas étage. Et puis surtout, jamais ils n’auraient osé employer ce mot : « chiant », qui dit tellement de celui qui le prononce et si peu de ce à quoi il s’applique. Je ne supporte plus ces gens, très nombreux, de plus en plus nombreux, semble-t-il, pour qui les œuvres ne doivent surtout pas ennuyer. Ce sont les mêmes qui expliquent en ricanant que « tout le monde fait semblant d’avoir terminé la Recherche », de Proust, parce qu’il est bien évident qu’on s’y ennuie. En réalité, c’est elle, la snob, qui fait de son anti-snobisme une vertu de trou du cul, qui essaie désespérément de se distinguer alors qu’elle ne fait qu’ânonner un catéchisme du pauvre qui la révèle crûment. Cette pauvre femme est con comme la lune, ce qui en soi est insignifiant, bien sûr, mais comme elle est éditrice, on a le droit de s’en émouvoir un peu, passagèrement, même si les quelques illusions que nous avons pu avoir en ce domaine sont tombées depuis longtemps. Pour ma part, je ne connais aucun livre dans lequel je me suis moins ennuyé que dans la Recherche, dont je n’ai sauté aucune page, ni aucune phrase, mais même s’il arrive qu’on s’ennuie, dans certains livres, ce n’est pas pour autant que ce sont de mauvais livres, c’est ce que ne comprennent jamais les mauvais lecteurs. Peu importe ce que je pense de Belle du Seigneur ou du Voyage au bout de la nuit, de Céline. Ces grands livres n’ont besoin de personne pour se défendre contre les trous du cul qui se filment sur Instagram. 


(*) Après vérification, la phrase exacte est : « Ce Chat GPT est mon seul véritable ami »